Dieu nous aime! Voilà le fondement de toute prière. Nous avions présenté ce fondement dans notre école de prière le premier jour. Dieu est Père très aimant, meilleur que le meilleur des pères : n’ayons pas peur d’aller vers lui avec la confiance d’un enfant, car « il n’est qu’Amour et Miséricorde » comme l’affirme sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (jour 17).

Pour approfondir l’enseignement de la petite Thérèse sur la Miséricorde divine, et ainsi prier le Père avec la confiance d’un enfant, nous vous proposons deux conférences que nous avons données au sanctuaire Notre-Dame du Laus.
Voici la première, avec en dessous de la vidéo les citations de sainte Thérèse de Lisieux.
(Lien vers la seconde conférence : ici)
Citations de la petite Thérèse lues dans la conférence:
1ère partie) Pranzini
« Un Dimanche en regardant une photographie [image] de Notre-Seigneur en Croix, je fus frappée par le sang qui tombait d’une des ses mains Divines, j’éprouvai une grande peine en pensant que ce sang tombait à terre sans que personne ne s’empresse de le recueillir, et je résolus de me tenir en esprit au pied de [la] Croix pour recevoir la Divine rosée qui en découlait, comprenant qu’il me faudrait ensuite la répandre sur les âmes… Le cri de Jésus sur la Croix retentissait aussi continuellement dans mon cœur : “ J’ai soif ! ” Ces paroles allumaient en moi une ardeur inconnue et très vive… Je voulais donner à boire à mon Bien-Aimé et je me sentais moi-même dévorée de la soif des âmes… Ce n’était pas encore les âmes de prêtres qui m’attiraient, mais celles des grands pécheurs, je brûlais du désir de les arracher aux flammes éternelles… » (Ms A, 45 v°)
« J’entendis parler d’un grand criminel qui venait d’être condamné à mort pour des crimes horribles, tout portait à croire qu’il mourrait dans l’impénitence. Je voulus à tout prix l’empêcher de tomber en enfer, afin d’y parvenir j’employai tous les moyens imaginables ; sentant que de moi-même je ne pouvais rien, j’offris [46 r°] au Bon Dieu tous les mérites infinis de Notre-Seigneur, les trésors de la Sainte Eglise, enfin je priai Céline [sa sœur] de faire dire une messe dans mes intentions, n’osant pas la demander moi-même dans la crainte d’être obligée d’avouer que c’était pour Pranzini, le grand criminel. Je ne voulais pas non plus le dire à Céline, mais elle me fit de si tendres et si pressantes questions que je lui confiai mon secret ; bien loin de se moquer de moi, elle me demanda de m’aider à convertir mon pécheur, j’acceptai avec reconnaissance, car j’aurais voulu que toutes les créatures s’unissent à moi pour implorer la grâce du coupable.
Je sentais au fond de mon coeur la certitude que nos désirs seraient satisfaits, mais afin de me donner du courage pour continuer à prier pour les pécheurs, je dis au Bon Dieu que j’étais bien sûre qu’Il pardonnerait au pauvre malheureux Pranzini, que je le croirais même s’il ne se confessait pas et ne donnait aucune marque de repentir, tant j’avais de confiance en la miséricorde infinie de Jésus, mais que je lui demandais seulement “ un signe ” de repentir pour ma simple consolation…
Ma prière fut exaucée à la lettre ! […] Le lendemain de son exécution je trouve sous ma main le journal […]. Je l’ouvre avec empressement et que vois-je ?… Ah ! mes larmes trahirent mon émotion et je fus obligée de me cacher… Pranzini ne s’était pas confessé, il était monté sur l’échafaud et s’apprêtait à passer la tête dans le lugubre trou, quand tout à coup, saisi d’une inspiration subite, il se retourne, saisit un Crucifix que lui présentait le prêtre et baise par trois fois ses plaies sacrées !… Puis son âme alla recevoir la sentence miséricordieuse de Celui qui déclare qu’au Ciel il y aura plus de joie pour un seul pécheur qui fait pénitence que pour 99 justes qui n’ont pas besoin de pénitence !…
J’avais obtenu “ le signe ” demandé et ce signe était la reproduction fidèle de [46 v°] grâces que Jésus m’avait faites pour m’attirer à prier pour les pécheurs. N’était-ce pas devant les plaies [de] Jésus, en voyant couler son sang Divin que la soif des âmes était entrée dans mon coeur ? Je voulais leur donner à boire ce sang immaculé qui devait les purifier de leurs souillures, et les lèvres de “ mon premier enfant ” allèrent se coller sur les plaies sacrées !!!… Quelle réponse ineffablement douce !… » (Ms A, 45 r°- 46 v°)
2ème partie) Dieu ne peut pas aimer moins que ses parents
Ms A, 4v° : « Toute ma vie le bon Dieu s’est plu à m’entourer d’amour, mes premiers souvenirs sont empreints des sourires et des caresses les plus tendres !… mais s’Il avait placé près de moi beaucoup d’amour, Il en avait mis aussi dans mon petit coeur, le créant aimant et sensible, aussi j’aimais beaucoup Papa et Maman et leur témoignais ma tendresse de mille manières »
Ms A 13, r° : « Cependant je continuais à être entourée de la tendresse la plus délicate. Le coeur si tendre de Papa avait joint à l’amour qu’il possédait déjà un amour vraiment maternel !… Vous, ma Mère [elle parle de Pauline, sa grande sœur, devenue la prieure du Carmel], et Marie n’étiez-vous pas pour moi les mères les plus tendres, les plus désintéressées ?… »
LT 100 : « Le premier jour de l’an est pour moi un monde de souvenirs… Je vois encore Papa nous comblant de ses caresses… Il était si bon !… »
LT 52 (cf. LT 46) : « Le facteur du petit Jésus est bien bon [son Papa], je lui envoie toute ma tendresse et mes baisers. Je prendrai le vin qu’il me donne avec bonheur, pensant qu’il vient de la cave de l’Enfant Jésus. Mon petit Père chéri, c’est toi qui est le facteur de Jésus, je le sais bien. Oh ! merci… que tu es bon pour moi ! Oui, je resterai toujours ta petite reine et je tâcherai de faire ta gloire en devenant une grande sainte. Thérèse de l’Enfant Jésus, le Diamant brillant et la petite perle très fine t’embrassent bien. On vient à l’instant de me montrer des oiseaux, oh ! mon petit Père chéri, que tu es donc bon. Il y a trois oiseaux, un pour le diamant, un pour la perle fine et un pour la petite reine à Papa, elle tâchera de faire son possible pour ressembler un peu à son Roi. »
Ms A, 83 v°-84 r° : « O ma Mère chérie ! après tant de grâces ne puis-je pas chanter avec le psalmiste : «Que le Seigneur est bon, que sa miséricorde est éternelle.» Il me semble que si toutes les créatures avaient les mêmes grâces que moi, le Bon Dieu ne serait craint de personne, mais aimé jusqu’à la folie, et que par amour, et non pas en tremblant, jamais aucune âme ne consentirait à Lui faire de la peine… […] A moi Il a donné sa Miséricorde infinie et c’est à travers elle que je contemple et adore les autres perfections Divines !… Alors toutes m’apparaissent rayonnantes d’amour, la Justice même (et peut-être encore plus que toute autre) me semble revêtue d’amour… Quelle douce joie de penser que le Bon Dieu est Juste, c’est-à-dire qu’Il tient compte de nos faiblesses, qu’Il connaît parfaitement la fragilité de notre nature. De quoi donc aurais-je peur ? Ah ! le Dieu infiniment juste qui daigna { Ms A, 84, r° } pardonner avec tant de bonté toutes les fautes de l’enfant prodigue, ne doit-Il pas être Juste aussi envers moi qui «suis toujours avec Lui» ?… »
Ms B, 1 (cf. Ms C, 3 r° et l’ascenseur) : « Je comprends si bien qu’il n’y a que l’amour qui puisse nous rendre agréables au Bon Dieu que cet amour est le seul bien que j’ambitionne. Jésus se plaît à me montrer l’unique chemin qui conduit à cette fournaise Divine, ce chemin c’est l’abandon du petit enfant qui s’endort sans crainte dans les bras de son Père… “Si quelqu’un est tout petit, qu’il vienne à moi” a dit l’Esprit Saint par la bouche de Salomon et ce même Esprit d’Amour a dit encore que “La miséricorde est accordée aux petits.” En son nom, le prophète Isaïe nous révèle qu’au dernier jour “Le Seigneur conduira son troupeau dans les pâturages, qu’il rassemblera les petits agneaux et les pressera sur son sein” et comme si toutes ces promesses ne suffisaient pas, le même prophète dont le regard inspiré plongeait déjà dans les profondeurs éternelles, s’écrie au nom du Seigneur : “Comme une mère caresse son enfant, ainsi je vous consolerai, je vous porterai sur mon sein et je vous caresserai sur mes genoux.” O Marraine chérie ! après un pareil langage, il n’y a plus qu’à se taire, à pleurer de reconnaissance [1 v°] et d’amour… Ah ! si toutes les âmes faibles et imparfaites sentaient ce que sent la plus petite de toutes les âmes, l’âme de votre petite Thérèse, pas une seule ne désespérerait d’arriver au sommet de la montagne de l’amour, puisque Jésus ne demande pas de grandes actions, mais seulement l’abandon et la reconnaissance, »
LT 138 à sa Tante : « Et puis ces peines m’ont appris à connaître mieux les trésors de tendresse cachés dans le coeur des parents chéris que le bon Dieu m’a donnés… «Le plus beau chef-d’oeuvre du coeur de Dieu, c’est le coeur d’une Mère.» Je sens combien est vraie cette parole et je remercie le Seigneur de m’en avoir fait faire la douce expérience. »
LT 191 à Léonie : « Je t’assure que le Bon Dieu est bien meilleur que tu le crois. Il se contente d’un regard, d’un soupir d’amour… Pour moi je trouve la perfection bien facile à pratiquer, parce que j’ai compris qu’il n’y a qu’à prendre Jésus par le Coeur… Regarde un petit enfant, qui vient de fâcher sa mère en se mettant en colère ou bien en lui désobéissant ; s’il se cache dans un coin avec un air boudeur et qu’il crie dans la crainte d’être puni, sa maman ne lui pardonnera certainement pas sa faute, mais s’il vient lui tendre ses petits bras en souriant et disant : «Embrasse-moi, je ne recommencerai plus.» Est-ce que sa mère pourra ne pas le presser contre son coeur avec tendresse et oublier ses malices enfantines ?… Cependant elle sait bien que son cher petit recommencera à la prochaine occasion, mais cela ne fait rien, s’il la prend encore par le coeur jamais il ne sera puni…
Au temps de la loi de crainte, avant la venue de Notre Seigneur, le prophète Isaïe disait déjà parlant au nom du Roi des Cieux : «Une mère peut-elle oublier son enfant?… Eh bien! quand même une mère oublierait son enfant, moi, je ne vous oublierai jamais.» Quelle ravissante promesse ! Ah ! nous qui vivons dans la loi d’amour, comment ne pas profiter des amoureuses avances que nous fait notre Epoux… Comment craindre celui qui se laisse enchaîner par un cheveu qui vole sur notre cou !… »
Poésie 36 :
« 2. O toi qui sus créer le coeur des mères
Je trouve en toi le plus tendre des Pères !
Mon seul Amour, Jésus, Verbe Eternel
Pour moi ton coeur est plus que maternel
A chaque instant, tu me suis, tu me gardes
Quand je t’appelle, ah ! jamais tu ne tardes
Et si parfois tu sembles te cacher
C’est toi qui viens m’aider à te chercher.
3. C’est à toi seul, Jésus, que je m’attache
C’est en tes bras que j’accours et me cache,
Je veux t’aimer comme un petit enfant
Je veux lutter comme un guerrier vaillant »
Conclusion
Ms B, 5v° : « O Jésus ! que ne puis-je dire à toutes les petites âmes combien ta condescendance est ineffable… je sens que si par impossible tu trouvais une âme plus faible, plus petite que la mienne, tu te plairais à la combler de faveurs plus grandes encore, si elle s’abandonnait avec une entière confiance à ta miséricorde infinie »