Semaine Sainte

La Semaine Sainte est une période sacrée du calendrier liturgique qui nous permet de revivre les évènements qui ont eu lieu la semaine précédant la mort de Jésus. Elle commence le dimanche des Rameaux et finit le Samedi Saint.

Au cours de cette semaine, la liturgie nous invite à regarder Jésus, à le contempler, à l’accompagner, à pleurer avec lui son injuste condamnation à mort, mais aussi à nous réjouir avec lui de sa résurrection.

Lorsqu’elle cherchait à enseigner la prière à ses soeurs religieuses, sainte Thérèse d’Avila écrivait :

« Etes-vous dans la joie ? Contemplez Jésus ressuscité. Vous n’avez qu’à vous imaginer avec quelle gloire il est sorti du tombeau, et vous serez dans l’allégresse. […] Etes-vous dans le chagrin, ou la tristesse ? Considérez-le lorsqu’il se rend au jardin des oliviers. Quelle affliction profonde que celle qui remplissait son âme ! » (Chemin de la Perfection, chap. 28).

https://oraison.apprendreaprier.net/meditation/jour2.html

De la Passion jusqu’à la Résurrection, la Semaine Sainte est marquée par 4 grandes étapes à méditer :

–          Le dimanche des Rameaux : Commémore la triomphale mais aussi très humble entrée de Jésus à Jérusalem. Il fut accueilli par une foule déposant leurs manteaux et des feuilles de palmier sur son passage. Profitons de cette journée pour méditer sur l’humilité du Christ.

–          Le Jeudi Saint : Nous revivons le dernier repas de Jésus, la Cène, au cours duquel Jésus a institué l’Eucharistie que nous célébrons à chaque messe, et le Sacerdoce, les prêtres, qui l’actualisent. Essayons d’aller à la messe ce jour-là en méditant sur le mystère eucharistique. Prions aussi pour les prêtres ce jour-là : lien vers des prières pour la sainteté des prêtres prêtres.

–          Le Vendredi Saint : Nous participons à la vénération de la Croix en nous remémorant la souffrance et la mort de Jésus lors de sa crucifixion. Pendant cette journée, nous sommes invités à méditer sur la Passion du Seigneur à travers le chemin de croix.

–          Le Samedi Saint : Journée de désert : le Christ repose dans le tombeau et descend dans le séjour des morts pour ramener avec lui au ciel ceux qui étaient décédés avant sa venue. Le soir, nous entrons déjà dans la joie du Christ ressuscité : Pâques !

–        Le Dimanche de Pâques : Cette semaine sainte nous prépare évidemment à la grande fête de Pâques. C’est un jour de joie car nous célébrons la résurrection de Jésus et donc sa victoire sur le péché et la mort.

« Voici comment Dieu a prouvé son amour pour nous: alors que nous étions encore pécheurs, le Christ est mort pour nous. »

Lettre aux Romains, chapitre 5 verset 8

Pour méditer tous ces mystères, n’hésitez pas à reprendre les conseils que nous avions donnés dans notre école de prière : https://oraison.apprendreaprier.net/meditation/jour18.html#complement

« Heureux les coeurs purs »

“Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu” : cette phrase nous est donnée par Jésus lors du sermon sur la montagne (Mt 5). La pureté est importante dans la prière, car l’oraison est « un échange intime d’amitié » avec Dieu comme dit sainte Thérèse d’Avila (Vie, chapitre 8). Difficile de prier après avoir vu certaines images !

Inversement, je suis convaincu que prier aide aussi à avancer sur un chemin de pureté. Regarder Jésus dans l’Eucharistie, adorer le Saint-Sacrement exposé, contempler la Sainte-Face ou une icône, ou même admirer un beau paysage lave le regard et l’imagination. Jésus n’est pas notre juge, mais notre médecin!

Plus largement, cela pose la question de la préparation du temps de prière. Est-ce que je prends le temps de me recueillir? Et aussi : est-ce que l’activité qui précède mon oraison sera propice? Concrètement, si je viens de regarder un film ou une série, même tout à fait « catholique », mon esprit et mon imagination vont être envahies par tel épisode ou tel personnage. Nous avons donné quelques pistes au jour 6 de notre parcours : se recueillir.

Avec cette béatitude, Jésus nous rappelle aussi qu’au-delà des actes, des paroles, c’est la pureté des intentions qui est véritablement importante. Les cœurs purs, ceux qui ne sont pas ternis par le mensonge aux autres ou à eux-mêmes, sont ceux qui peuvent refléter, sans la déformer, l’image de Dieu. Les cœurs purs sont des cœurs humbles qui, vides de tout orgueil, peuvent accueillir pleinement la grâce. 

La Vierge Marie nous montre de manière parfaite à quel point les cœurs purs voient Dieu ; le sien, vierge de tout péché, a pu accueillir Dieu lui-même. Dans son Magnificat, cette superbe prière de louange qu’elle adresse au Seigneur, elle évoque déjà cette béatitude : “Il s’est penché sur son humble servante ; désormais, tous les âges me diront bienheureuse.” N’hésitez pas à consulter le jour 18 de notre parcours sur la Sainte Vierge.

Pour nous engager sur ce chemin de la pureté de cœur, ce chemin de sainteté qui nous révèle Dieu, nous devons oser poser un regard juste sur nos intentions, à chacune de nos paroles, chacun de nos gestes. Est-ce bien l’amour qui me guide ? Nous pouvons prier le Seigneur pour nous libérer de nos peurs, de nos ressentiments, de nos croyances qui troublent son image dans nos cœurs.

Le Carême : un temps tourné vers le Père

Le temps du Carême est un temps privilégié pour développer notre pratique de la prière. Comme le Christ au désert après son baptême, nous sommes invités à lui offrir une place plus grande dans notre quotidien durant ces quarante jours préparatoires à la fête de la Résurrection : Pâques.

Le Carême commence le mercredi des Cendres. Lors de la célébration, et de l’imposition des Cendres sur le front, le prêtre nous rappelle un de ces deux versets bibliques :

Pour vivre ce Carême, le site Hozana propose une retraite en ligne à la lumière de l’Evangile qui peut aider vivre ce temps privilégié dans la prière.

L’importance de la foi dans la prière


            La lettre aux Hébreux affirme : « La foi est une façon de posséder ce que l’on espère, un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas » (He 11, 1). Par définition, l’objet de la foi est invisible ! C’est pour cela que c’est un non-sens de dire : « Moi, je ne crois que ce que je vois ». Car ce que je vois n’est pas objet de foi, mais c’est une simple constatation. Vous n’allez pas dire à un ami que vous croisez dans la rue : « Puisque je te vois, je crois que tu existes ». Vous constatez simplement qu’il est toujours en vie… Saint Paul l’explique bien : « Voir ce qu’on espère, ce n’est plus espérer : ce que l’on voit, comment peut-on l’espérer encore ? » (Rm 8, 24)

Dans la prière, nous nous adressons à Dieu. Or Dieu est pur esprit, il est invisible. Son Fils Jésus, qui l’a rendu visible, est remonté au Ciel. Même s’il reste présent dans l’Eucharistie, je ne vois pas son visage. La prière est donc un exercice de foi!

La foi n’étant pas du domaine du sensible, on comprend une des difficultés de la prière : je ne sens pas Dieu. Certes, Dieu peut parfois manifester sa présence, mais cela n’a rien d’habituel. Saint Jean de la Croix décrit la foi comme étant certaine et obscure (Montée du Carmel, Livre II, ch. 3).
Certaine, car Dieu ne me trompe pas, il est la vérité. Je peux m’appuyer sur Lui.
– Mais aussi obscure, car Dieu est invisible, et car il me dépasse infiniment. En plus, mon péché m’éloigne de lui et dresse comme un voile entre Lui et moi.

Alors, demandons à Jésus qu’il fasse grandir notre foi !

Voir aussi le 10e jour de notre parcours

5 chemins de prière pour aller à la rencontre de Dieu

Prier, c’est entrer en relation avec Dieu. Il existe bien des façons de prier : en récitant une prière, en méditant la Parole de Dieu, en conversant librement avec le Seigneur ou tout simplement en se laissant aimer par lui. Bref, il s’agit, selon la définition de sainte Thérèse d’Avila :  « d’un échange intime d’amitié où l’on s’entretient souvent seul à seul avec ce Dieu dont on se sait aimé » (Vie, chap. 8). Nous avions développé ce point au 2e jour de notre parcours, que vous pouvez retrouver ici.

On peut aussi détailler les différentes formes de prière. Voici 5 belles façons de rentrer dans le mystère de la présence de Dieu. Essayez-les toutes !

  • L’oraison de recueillement. Il s’agit d’une prière personnelle silencieuse qui demande de se rendre totalement présent à Dieu, en faisant taire toutes nos pensées. Nous pouvons alors accueillir la présence du Seigneur en nous. Pour sainte Thérèse d’Avila, qui développa cette pratique dans les Carmels, c’est en chaque homme que Dieu fait sa demeure. La prière devient un voyage intérieur. “Fais taire en moi ce qui n’est pas toi, ce qui n’est pas ta présence toute pure, toute solitaire, toute paisible.” disait saint Jean de la Croix.

  • La lecture sainte ou lectio divina. Cette lecture priante de la Parole de Dieu est une façon de rentrer en conversation avec le Seigneur. La prière s’appuie sur un passage de la Bible et se déroule en quatre étapes :
    • La lecture lente (lectio) dans laquelle Dieu nous parle,
    • La méditation du passage (meditatio) pour bien l’entendre,
    • La prière (oratio) pour lui répondre,
    • Et l’adoration (contemplatio) pour entrer en communion avec lui.
      Concrètement, retrouvez notre guide pratique pour prier avec la Bible sur l’exemple du 7e jour de notre parcours.

  • L’adoration eucharistique. Il s’agit d’un temps contemplatif devant le saint sacrement exposé sur l’autel dans un ostensoir. C’est une prière du coeur, un rendez-vous amoureux avec le Christ réellement présent dans l’hostie consacrée. Nous pouvons lui parler, le regarder ou tout simplement nous complaire en sa présence et le laisser nous aimer. Dans chaque paroisse, il existe des temps dédiés à l’adoration. Dans certaines même se déroule l’adoration perpétuelle ; le saint sacrement y est constamment exposé et les fidèles se relaient pour une adoration continuelle.

  • Le chapelet. Il existe de nombreuses prières à réciter à partir d’un chapelet. La plus connue est sans doute la belle prière du Rosaire. Elle permet de revivre les grands temps de la vie du Christ à travers vingt mystères. La répétition de la prière (le Je vous salue Marie dans le Rosaire) sur chaque grain installe un rythme, comme une respiration. La prière peut alors nous accompagner dans nos tâches – travail, marche – et sanctifier nos activités quotidiennes.

  • Les psaumes. Ces textes poétiques de l’Ancien testament sont une école de prière à eux seuls. En 150 psaumes, nous passons par toutes les émotions humaines. Ainsi quel que soit notre état d’âme, il existera un psaume pour crier notre détresse ou rendre grâce à Dieu. En exprimant nos demandes à travers ces textes, notre prière individuelle rejoint la prière des hommes à travers les âges. Comme le Christ qui reprit des paroles des psaumes pour dire sa souffrance lors de sa Passion.
    Le 14e jour de notre parcours, nous avons prié avec le psaume 99 (100) : retrouvez notre méditation ici.

Découvrez notre parcours pour apprendre à prier en 20 jours avec ce lien !