Comment prier Marie?

Lorsque l’on parle de prière, vient la question de la prière adressée à la Vierge Marie. Peut-on prier la Sainte Vierge si l’objet de la prière est Dieu? Oui! Parce que Marie ne remplace pas Jésus, elle nous aide à aller vers lui. Un enfant n’est-il pas mieux sur les genoux de sa Maman pour lire un livre, que par terre sur un carrelage dur et froid? Il en est de même pour notre vie spirituelle : nous sommes mieux sur les genoux de la Vierge Marie pour regarder Dieu que livrés par terre à nos seules petites capacités.

Nous avons consacré une méditation dans notre école de prière sur la Vierge Marie et la prière (jour 18). Pour approfondir, voici la vidéo de la conférence que nous avons donnée à Notre-Dame du Laus, où la Sainte Vierge est apparue pendant 54 ans. A partir des apparitions de Fatima en 1917 et de l’enseignement de saint Louis-Marie Grignion de Montfort, nous présentons plusieurs dévotions à la Vierge Marie (chapelet, rosaire, communion des cinq premiers samedis, consécration à Jésus par Marie) et nous expliquons pourquoi nous passons par Marie pour mieux prier Dieu.

Une seconde conférence en vidéo sur la question : « Que nous dit Marie de Jésus? Les cinq vérités mariales » est disponible ici.

Fatima et la consécration à Jésus par Marie

Ci-dessous les citations utilisées dans la conférence :

« Ô mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, et conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre sainte miséricorde » (Marie à Fatima)

« le salut du monde ayant commencé par l’Ave Maria, le salut de chacun en particulier était attaché à cette prière; que c’est cette prière qui a fait porter à la terre sèche et stérile le fruit de vie, et que c’est cette même prière, bien dite, qui doit faire germer en nos âmes la parole de Dieu et porter le fruit de vie, Jésus-Christ; que l’Ave Maria est une rosée céleste qui arrose la terre » (Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, Traité de la Vraie Dévotion n°249)

«  – Vous avez vu l’enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Afin de les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. Si vous faites ce que je vous dis, beaucoup d’âmes seront sauvées et vous aurez la paix. La guerre va se terminer. Mais, si on ne cesse d’offenser Dieu, sous le règne de Pie XI, il en commencera une autre, pire encore [ce sera la 2nde guerre mondiale].
         Lorsque vous verrez une nuit éclairée par une lumière inconnue [aurore boréale de la nuit du 25 au 26 janvier 1938], sachez que c’est le grand signe que Dieu vous donne, qu’Il va punir le monde de ses crimes, par le moyen de la guerre, de la famine et de persécutions contre l’Église et le Saint-Père.
         Afin de l’empêcher, je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé [13 juin 1929] et la Communion réparatrice des premiers samedis [10 décembre 1925-13 juin 1927].Si l’on répond à mes demandes, la Russie se convertira et on aura la paix. Sinon, elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties.
         A la fin, mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie, qui se convertira, et il sera accordé au monde un certain temps de paix. Au Portugal se conservera toujours le dogme de la foi » (Marie à Fatima, 13 juillet 1917)

« Vois, ma fille, mon cœur entouré d’épines que les hommes ingrats y enfoncent à chaque instant par leurs blasphèmes et leurs ingratitudes. Toi, au moins, tâche de me consoler et dis qu’à tous ceux qui pendant cinq mois, le premier samedi, se confesseront, recevront la Sainte Communion, réciteront un chapelet, et passeront quinze minutes avec moi en méditant sur les quinze mystères du Rosaire, en esprit de réparation, je promets de les assister à l’heure de la mort avec toutes les grâces nécessaires pour le salut de leur âme » (Marie à Lucie le 10 décembre 1925)

« Ma fille, écrit ce qu’on te demande ; et tout ce que t’a révélé la Très Sainte Vierge dans l’apparition ou elle a parlé de cette dévotion, écrit-le aussi. […] »
« Jésus veut se servir de toi pour Me faire connaître et aimer. Il veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. A qui embrassera cette dévotion, je promets le salut, ces âmes seront chéries de Dieu, comme des fleurs placées par Moi pour orner Son trône » (17 décembre 1927, Jésus puis Marie à Lucie)

« CONSÉCRATION DE SOI-MÊME À JÉSUS-CHRIST LA SAGESSE INCARNÉE PAR LES MAINS DE MARIE
Moi, N…, pécheur infidèle, je renouvelle et ratifie aujourd’hui, entre vos mains, les vœux de mon Baptême :
Je renonce pour jamais à Satan, à ses pompes et à ses œuvres,
Et je me donne tout entier à Jésus-Christ, la Sagesse incarnée, pour porter ma croix à sa suite tous les jours de ma vie, et afin que je lui sois plus fidèle que je n’ai été jusqu’ici.
Je vous choisis aujourd’hui, en présence de toute la cour céleste, pour ma Mère et [ma Reine]. Je vous livre et consacre, en [toute soumission et amour], mon corps et mon âme, mes biens intérieurs et extérieurs, et la valeur même de mes bonnes actions passées, présentes et futures, vous laissant un entier et plein droit de disposer de moi et de tout ce qui m’appartient, sans exception, selon votre bon plaisir, à la plus grande gloire de Dieu, dans le temps et l’éternité. » (Saint Louis-Marie Grignion de Montfort)

« Si donc nous établissons la solide dévotion de la Très Sainte Vierge, ce n’est que pour établir plus parfaitement celle de Jésus-Christ, ce n’est que pour donner un moyen aisé et assuré pour trouver Jésus-Christ. Si la dévotion à la Sainte Vierge éloignait de Jésus-Christ, il faudrait la rejeter comme une illusion du diable; mais tant s’en faut qu’au contraire, comme j’ai déjà fait voir et ferai voir encore ci-après: cette dévotion ne nous est nécessaire que pour trouver Jésus-Christ parfaitement et l’aimer tendrement et le servir fidèlement. » (Traité de la Vraie Dévotion n°62)

Vatican II, Lumen Gentium n°62 : « Aucune créature en effet ne peut jamais être mise sur le même pied que le Verbe incarné et rédempteur. Mais tout comme le sacerdoce du Christ est participé sous des formes diverses, tant par les ministres que par le peuple fidèle, et tout comme l’unique bonté de Dieu se répand réellement sous des formes diverses dans les créatures, ainsi l’unique médiation du Rédempteur n’exclut pas, mais suscite au contraire une coopération variée de la part des créatures, en dépendance de l’unique source».
« C’est pourquoi la bienheureuse Vierge est invoquée dans l’Eglise sous les titres d’avocate, d’auxiliatrice, de secourable, de médiatrice. »

« Vous ne pensez jamais à Marie, que Marie, en votre place, ne pense à Dieu; vous ne louez ni n’honorez jamais Marie, que Marie avec vous ne loue et n’honore Dieu. Marie est toute relative à Dieu, et je l’appellerais fort bien la relation de Dieu, qui n’est que par rapport à Dieu, ou l’écho de Dieu, qui ne dit et ne répète que Dieu. Si vous dites Marie, elle dit Dieu. Sainte Elisabeth loua Marie et l’appela bienheureuse de ce qu’elle avait cru; Marie, l’écho fidèle de Dieu, entonna : « Magnificat anima mea Dominum: Mon âme glorifie le Seigneur ». Ce que Marie a fait en cette occasion, elle le fait tous les jours ; quand on la loue, [qu’]on l’aime, [qu’]on l’honore ou [qu’]on lui donne, Dieu est loué, Dieu est aimé, Dieu est honoré, on donne à Dieu par Marie et en Marie. » (Vraie Dévotion n°225)

« Toute notre perfection consistant à être conformes, unis et consacrés à Jésus-Christ, la plus parfaite de toutes les dévotions est sans difficulté celle qui nous conforme, unit et consacre le plus parfaitement à Jésus-Christ. Or, Marie étant la plus conforme à Jésus-Christ de toutes les créatures, il s’ensuit que, de toutes les dévotions, celle qui consacre et conforme le plus une âme à Notre-Seigneur, est la dévotion à la Très Sainte Vierge, sa sainte Mère, et que plus une âme sera consacrée à Marie, plus elle le sera à Jésus-Christ.
C’est pourquoi la parfaite consécration à Jésus-Christ n’est autre chose qu’une parfaite et entière consécration de soi-même à la Très Sainte Vierge, qui est la dévotion que j’enseigne; ou autrement une parfaite rénovation des vœux et promesses du saint baptême. » (Vraie Dévotion n°120)

Thérèse de Lisieux et la Miséricorde (2/2)

Voici la deuxième conférence que nous avons donnée sur sainte Thérèse de Lisieux et la Miséricorde (retrouvez la première ici). Elle nous apprend que Dieu est Amour et Miséricorde, et que donc nous pouvons le prier avec confiance!

Sainte Thérèse de Lisieux et la Miséricorde (2/2)

Voici les citations de la petite Thérèse lues dans la conférence:

1ère partie) La miséricorde préventive

« Je suppose que le fils d’un habile docteur rencontre sur son chemin une pierre qui le fasse tomber et que dans sa chute il se casse un membre ; aussitôt son père vient à lui, le relève avec amour, soigne ses blessures, employant à cela toutes les ressources de son art et bientôt son fils complètement guéri lui témoigne sa reconnaissance. Sans doute cet enfant a bien raison d’aimer ainsi son père !
Mais je vais encore faire une autre supposition. Le père ayant su que sur la route de son fils se trouvait une pierre, s’empresse d’aller devant lui et la retire, sans être vu de personne. Certainement, ce fils,{ Ms A, 39 r° } objet de sa prévoyante tendresse, ne sachant pas le malheur dont il est délivré par son père ne lui témoignera pas sa reconnaissance et l’aimera moins que s’il eût été guéri par lui… mais s’il vient à connaître le danger auquel il vient d’échapper, ne l’aimera-t-il pas davantage ?
Eh bien, c’est moi qui suis cette enfant, objet de l’amour prévoyant d’un Père qui n’a pas envoyé son Verbe pour racheter les justes mais les pécheurs. Il veut que je l’aime parce qu’il m’a remis, non pas beaucoup, mais tout. Il n’a pas attendu que je l’aime beaucoup comme Ste Madeleine, mais il a voulu que je sache comment il m’avait aimée d’un amour d’ineffable prévoyance, afin que maintenant je l’aime à la folie !… J’ai entendu dire qu’il ne s’était pas rencontré une âme pure aimant davantage qu’une âme repentante, ah ! que je voudrais faire mentir cette parole !… » (Ms A, 38-39)

2ème partie) Thérèse enseigne la Miséricorde à l’abbé Bellière

LT 247 : « Ne croyez pas m’effrayer en me parlant «de vos belles années gaspillées». Moi je remercie Jésus qui vous a regardé d’un regard d’amour comme autrefois le jeune homme de l’Evangile. Plus heureux que lui vous avez répondu fidèlement à l’appel du Maître, vous avez tout quitté pour Le suivre, et cela au plus bel âge de la vie, à 18 ans. Ah ! mon frère, comme moi vous pouvez chanter les miséricordes du Seigneur, elles brillent en vous dans toute leur splendeur… Vous aimez St Augustin, Ste Madeleine, ces âmes auxquelles «Beaucoup de péchés ont été remis parce qu’elles ont beaucoup aimé». Moi aussi je les aime, j’aime leur repentir, et surtout… leur amoureuse audace ! Lorsque je vois Madeleine s’avancer devant les nombreux convives, arroser de ses larmes les pieds de son Maître adoré, qu’elle touche pour la première fois ; je sens que son coeur a compris les abîmes d’amour et de miséricorde du Coeur de Jésus, et que toute pécheresse qu’elle est ce Coeur d’amour est non seulement disposé à lui pardonner, mais encore à lui prodiguer les bienfaits de son intimité divine, à l’élever jusqu’aux plus hauts sommets de la contemplation.
         Ah ! mon cher petit Frère, depuis qu’il m’a été donné de comprendre aussi l’amour du Coeur de Jésus, je vous avoue qu’il a chassé de mon coeur toute crainte. Le souvenir de mes fautes m’humilie, me porte à ne jamais m’appuyer sur ma force qui n’est que faiblesse, mais plus encore ce souvenir me parle de miséricorde et d’amour.
         Comment lorsqu’on jette ses fautes avec une confiance toute filiale dans le brasier dévorant de l’Amour, comment ne seraient-elles pas consumées sans retour ? »

LT 258 : « Je ne m’étonne en aucune façon que la pratique de la familiarité avec Jésus vous semble un peu difficile à réaliser ; on ne peut y arriver en un jour […]
         Je voudrais essayer de vous faire comprendre par une comparaison bien simple combien Jésus aime les âmes même imparfaites qui se confient à Lui : Je suppose qu’un père ait deux enfants espiègles et désobéissants, et que venant pour les punir il en voie un qui tremble et s’éloigne de lui avec terreur, ayant pourtant au fond du coeur le sentiment qu’il mérite d’être puni ; et que son frère, au contraire, se jette dans les bras du père en disant qu’il regrette de lui avoir fait de la peine, qu’il l’aime et que, pour le prouver, il sera sage désormais, puis cet enfant demande à son père de le punir par un baiser, je ne crois pas que le coeur de l’heureux père puisse résister à la confiance filiale de son enfant dont il connaît la sincérité et l’amour. Il n’ignore pas cependant que plus d’une fois son fils retombera dans les mêmes fautes mais il est disposé à lui pardonner toujours, si toujours son fils le prend par le coeur… Je ne vous dis rien du premier enfant, mon cher petit frère, vous devez comprendre si son père peut l’aimer autant et le traiter avec la même indulgence que l’autre… »

LT 261 : « Il faut que vous ne me connaissiez qu’imparfaitement pour craindre qu’un récit détaillé de vos fautes puisse diminuer la tendresse que j’ai pour votre âme ! O mon frère, croyez-le, je n’aurai pas besoin de «mettre la main sur la bouche de Jésus» ! Il a depuis longtemps oublié vos infidélités, seuls vos désirs de perfection sont présents pour réjouir son coeur. Je vous en supplie, ne vous traînez plus à ses pieds, suivez ce «premier élan qui vous entraîne dans ses bras», c’est là votre place, et j’ai constaté plus encore que dans vos autres lettres qu’il vous est interdit d’aller au Ciel par une autre voie que celle de votre pauvre petite soeur.
         Je suis tout à fait de votre avis, «Le Coeur divin est plus attristé des mille petites indélicatesses de ses amis que des fautes même graves que commettent les personnes du monde» mais, mon cher petit frère, il me semble que c’est seulement quand les siens, ne s’apercevant pas de leurs continuelles indélicatesses s’en font une habitude et ne Lui demandent pas pardon, que Jésus peut dire ces paroles touchantes qui nous sont mises dans la bouche par l’église pendant la semaine sainte : «Ces plaies que vous voyez au milieu de mes mains, ce sont celles que j’ai reçues dans la maison de ceux qui m’aimaient!» Pour ceux qui l’aiment et qui viennent après chaque indélicatesse Lui demander pardon en se jetant dans ses bras, Jésus tressaille de joie, Il dit à ses anges ce que le père de l’enfant prodigue disait à ses serviteurs : «Revêtez-le de sa première robe, mettez-lui un anneau au doigt, réjouissons-nous.» Ah ! mon frère, que la bonté, l’amour miséricordieux de Jésus sont peu connus !… Il est vrai que pour jouir de ces trésors, il faut s’humilier, reconnaître son néant, et voilà ce que beaucoup d’âmes ne veulent pas faire, mais, mon petit frère, ce n’est pas ainsi que vous agissez, aussi la voie de la confiance simple et amoureuse est bien faite pour vous.
         Je voudrais que vous soyez simple avec le bon Dieu »

LT 263 : « Je vous avoue, mon petit frère, que nous ne comprenons pas le Ciel de la même manière. Il vous semble que participant à la justice, à la sainteté de Dieu je ne pourrai comme sur la terre excuser vos fautes. Oubliez-vous donc que je participerai aussi à la miséricorde infinie du Seigneur ? Je crois que les Bienheureux ont une grande compassion pour nos misères, ils se souviennent qu’étant comme nous fragiles et mortels, ils ont commis les mêmes fautes, soutenu les mêmes combats et leur tendresse fraternelle devient plus grande encore qu’elle ne l’était sur la terre, c’est pour cela qu’ils ne cessent de nous protéger et de prier pour ns. »

LT 266, dernière lettre de Thérèse : « Je ne puis craindre un Dieu qui s’est fait pour moi si petit… je l’aime !… car Il n’est qu’amour et miséricorde ! »

3e partie) L’acte d’offrande à l’Amour Miséricordieux

Ms A, 84 : « Cette année, le 9 Juin, fête de la Sainte Trinité, j’ai reçu la grâce de comprendre plus que jamais combien Jésus désire être aimé.
         Je pensais aux âmes qui s’offrent comme victimes à la Justice de Dieu afin de détourner et d’attirer sur elles les châtiments réservés aux coupables, cette offrande me semblait grande et généreuse, mais j’étais loin de me sentir portée à la faire. «O mon Dieu! m’écriai-je au fond de mon coeur, n’y aura-t-il que votre Justice qui recevra des âmes s’immolant en victimes?… Votre Amour Miséricordieux n’en a-t-il pas besoin lui aussi?… De toutes parts il est méconnu, rejeté; les coeurs auxquels vous désirez le prodiguer se tournent vers les créatures leur demandant le bonheur avec leur misérable affection, au lieu de se jeter dans vos bras et d’accepter votre Amour infini… O mon Dieu ! votre Amour méprisé va-t-il rester en votre Coeur ? Il me semble que si vous trouviez des âmes s’offrant en Victimes d’holocaustes à votre Amour, vous les consumeriez rapidement, il me semble que vous seriez heureux de ne point comprimer les flots d’infinies tendresses qui sont en vous… Si votre Justice aime à se décharger, elle qui ne s’étend que sur la terre, combien plus votre Amour Miséricordieux désire-t-il embraser les âmes, puisque votre Miséricorde s’élève jusqu’aux Cieux… O mon Jésus ! que ce soit moi cette heureuse victime, consumez votre holocauste par le feu de votre Divin Amour !… »
         Ma Mère chérie, vous qui m’avez permis de m’offrir ainsi au Bon Dieu, vous savez les fleuves ou plutôt les océans de grâces qui sont venus inonder mon âme… Ah ! depuis cet heureux jour, il me semble que l’Amour me pénètre et m’environne, il me semble qu’à chaque instant cet Amour Miséricordieux me renouvelle, purifie mon âme et n’y laisse aucune trace de péché, aussi je ne puis craindre le purgatoire… »

J.M.J.T.
Offrande de moi-même comme Victime d’Holocauste à l’Amour Miséricordieux du Bon Dieu
[1]       O mon Dieu ! Trinité Bienheureuse, je désire vous Aimer et vous faire Aimer, travailler à la glorification de la Sainte Eglise en sauvant les âmes qui sont sur la terre et [en] délivrant celles qui souffrent dans le purgatoire. Je désire accomplir parfaitement votre volonté et arriver au degré de gloire que vous m’avez préparé dans votre royaume, en un mot, je désire être Sainte, mais je sens mon impuissance et je vous demande, ô mon Dieu d’être vous-même ma Sainteté.
[2]       Puisque vous m’avez aimée jusqu’à me donner votre Fils unique pour être mon Sauveur et mon Epoux, les trésors infinis de ses mérites sont à moi, je vous les offre avec bonheur, vous suppliant de ne me regarder qu’à travers la Face de Jésus et dans son Coeur brûlant d’Amour.
[3]       Je vous offre encore tous les mérites des Saints (qui sont au Ciel et sur la terre) leurs actes d’Amour et ceux des Saints Anges ; enfin je vous offre, ô Bienheureuse Trinité ! L’Amour et les mérites de la Sainte Vierge, ma Mère chérie, c’est à elle que j’abandonne mon offrande la priant de vous la présenter. Son Divin Fils, mon Epoux Bien-Aimé, aux jours de sa vie mortelle, nous a dit : « Tout ce que vous demanderez à mon Père, en mon nom, il vous le donnera ! » Je suis donc certaine que vous exaucerez mes désirs ; je le sais, ô mon Dieu ! (plus vous voulez donner, plus vous faites désirer). Je sens en mon coeur des désirs [infinis] immenses et c’est avec confiance que je vous demande de venir prendre possession de mon âme. Ah ! je ne puis recevoir la Sainte Communion aussi souvent que je le désire, mais, Seigneur, n’êtes-vous pas Tout-Puissant ?… Restez en moi, comme au tabernacle, ne vous éloignez jamais de votre petite hostie……
[4]       Je voudrais vous consoler de l’ingratitude des méchants et je vous supplie de m’ôter la liberté de vous déplaire, si par faiblesse je tombe quelquefois qu’aussitôt votre Divin Regard purifie mon âme consumant toutes mes imperfections, comme le feu qui transforme toute chose en lui-même……
[5]       Je vous remercie, ô mon Dieu ! de toutes les grâces que vous m’avez accordées, en particulier de m’avoir fait passer par le creuset de la souffrance. C’est avec joie que je vous contemplerai au dernier jour portant le sceptre de la Croix ; puisque vous [avez] daigné me donner en partage cette Croix si précieuse, j’espère au Ciel vous ressembler et voir briller sur mon corps glorifié les sacrés stigmates de votre Passion…
[6]       Après l’exil de la terre, j’espère aller jouir de vous dans la Patrie, mais je ne veux pas amasser de mérites pour le Ciel, je veux travailler pour votre seul Amour, dans l’unique but de vous faire plaisir, de consoler votre Coeur Sacré et de sauver des âmes qui vous aimeront éternellement.
[7]       Au soir de cette vie, je paraîtrai devant vous les mains vides, car je ne vous demande pas, Seigneur, de compter mes oeuvres. Toutes nos justices ont des taches à vos yeux. Je veux donc me revêtir de votre propre Justice et recevoir de votre Amour la possession éternelle de Vous-même. Je ne veux point d’autre Trône et d’autre Couronne que Vous, ô mon Bien-Aimé !……
[8]       A vos yeux le temps n’est rien, un seul jour est comme mille ans, vous pouvez donc en un instant me préparer à paraître devant vous…
[9]       Afin de vivre dans un acte de parfait Amour, je m’offre comme victime d’holocauste à votre Amour miséricordieux, vous suppliant de me consumer sans cesse, laissant déborder en mon âme les flots de tendresse infinie qui sont renfermés en vous et qu’ainsi je devienne Martyre de votre Amour, ô mon Dieu !…
[10]     Que ce martyre après m’avoir préparée à paraître devant vous me fasse enfin mourir et que mon âme s’élance sans retard dans l’éternel embrassement de Votre Miséricordieux Amour…
[11]     Je veux, ô mon Bien-Aimé, à chaque battement de mon coeur vous renouveler cette offrande un nombre infini de fois, jusqu’à ce que les ombres s’étant évanouies je puisse vous redire mon Amour dans un Face à Face Eternel !…
Marie, Françoise, Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face
rel. carm. ind.
Fête de la Très Sainte Trinité
Le 9 juin de l’an de grâce 1895.

Conclusion

« On pourrait croire que c’est parce que je n’ai pas péché que j’ai une confiance si grande dans le bon Dieu. Dites bien, ma Mère, que, si j’avais commis tous les crimes possibles, j’aurais toujours la même confiance, je sens que toute cette multitude d’offenses serait comme une goutte d’eau jetée dans un brasier ardent. Vous raconterez ensuite l’histoire de la pécheresse convertie qui est morte d’amour ; les âmes comprendront tout de suite, car c’est un exemple si frappant de ce que je voudrais dire, mais ces choses ne peuvent s’exprimer. » (CJ 11.7.6 ; 20.7.3)

Voici cette histoire, que Thérèse résume elle-même :
« Il est rapporté dans la vie des Pères du désert que l’un d’eux convertit une pécheresse publique, dont les désordres scandalisaient une contrée entière. Cette pécheresse, touchée de la grâce, suivait le Saint dans le désert pour y accomplir une rigoureuse pénitence, quand, la première nuit du voyage, avant même d’être rendue au lieu de sa retraite, ses liens mortels furent brisés, par l’impétuosité de son repentir plein d’amour, et le solitaire vit au même instant son âme portée par 1es anges dans le sein de Dieu. Voilà un exemple bien frappant de ce que je voudrais dire, mais ces choses ne peuvent s’exprimer… »

Thérèse de Lisieux et la Miséricorde (1/2)

Dieu nous aime! Voilà le fondement de toute prière. Nous avions présenté ce fondement dans notre école de prière le premier jour. Dieu est Père très aimant, meilleur que le meilleur des pères : n’ayons pas peur d’aller vers lui avec la confiance d’un enfant, car « il n’est qu’Amour et Miséricorde » comme l’affirme sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (jour 17).

Thérèse de Lisieux carmélite

Pour approfondir l’enseignement de la petite Thérèse sur la Miséricorde divine, et ainsi prier le Père avec la confiance d’un enfant, nous vous proposons deux conférences que nous avons données au sanctuaire Notre-Dame du Laus.

Voici la première, avec en dessous de la vidéo les citations de sainte Thérèse de Lisieux.

Sainte Thérèse de Lisieux et la Miséricorde (1/2)

(Lien vers la seconde conférence : ici)

Citations de la petite Thérèse lues dans la conférence:

1ère partie) Pranzini

« Un Dimanche en regardant une photographie [image] de Notre-Seigneur en Croix, je fus frappée par le sang qui tombait d’une des ses mains Divines, j’éprouvai une grande peine en pensant que ce sang tombait à terre sans que personne ne s’empresse de le recueillir, et je résolus de me tenir en esprit au pied de [la] Croix pour recevoir la Divine rosée qui en découlait, comprenant qu’il me faudrait ensuite la répandre sur les âmes… Le cri de Jésus sur la Croix retentissait aussi continuellement dans mon cœur : “ J’ai soif ! ” Ces paroles allumaient en moi une ardeur inconnue et très vive… Je voulais donner à boire à mon Bien-Aimé et je me sentais moi-même dévorée de la soif des âmes… Ce n’était pas encore les âmes de prêtres qui m’attiraient, mais celles des grands pécheurs, je brûlais du désir de les arracher aux flammes éternelles… » (Ms A, 45 v°)

« J’entendis parler d’un grand criminel qui venait d’être condamné à mort pour des crimes horribles, tout portait à croire qu’il mourrait dans l’impénitence. Je voulus à tout prix l’empêcher de tomber en enfer, afin d’y parvenir j’employai tous les moyens imaginables ; sentant que de moi-même je ne pouvais rien, j’offris [46 r°] au Bon Dieu tous les mérites infinis de Notre-Seigneur, les trésors de la Sainte Eglise, enfin je priai Céline [sa sœur] de faire dire une messe dans mes intentions, n’osant pas la demander moi-même dans la crainte d’être obligée d’avouer que c’était pour Pranzini, le grand criminel. Je ne voulais pas non plus le dire à Céline, mais elle me fit de si tendres et si pressantes questions que je lui confiai mon secret ; bien loin de se moquer de moi, elle me demanda de m’aider à convertir mon pécheur, j’acceptai avec reconnaissance, car j’aurais voulu que toutes les créatures s’unissent à moi pour implorer la grâce du coupable. 

Je sentais au fond de mon coeur la certitude que nos désirs seraient satisfaits, mais afin de me donner du courage pour continuer à prier pour les pécheurs, je dis au Bon Dieu que j’étais bien sûre qu’Il pardonnerait au pauvre malheureux Pranzini, que je le croirais même s’il ne se confessait pas et ne donnait aucune marque de repentir, tant j’avais de confiance en la miséricorde infinie de Jésus, mais que je lui demandais seulement “ un signe ” de repentir pour ma simple consolation… 

Ma prière fut exaucée à la lettre ! […] Le lendemain de son exécution je trouve sous ma main le journal […]. Je l’ouvre avec empressement et que vois-je ?… Ah ! mes larmes trahirent mon émotion et je fus obligée de me cacher… Pranzini ne s’était pas confessé, il était monté sur l’échafaud et s’apprêtait à passer la tête dans le lugubre trou, quand tout à coup, saisi d’une inspiration subite, il se retourne, saisit un Crucifix que lui présentait le prêtre et baise par trois fois ses plaies sacrées !… Puis son âme alla recevoir la sentence miséricordieuse de Celui qui déclare qu’au Ciel il y aura plus de joie pour un seul pécheur qui fait pénitence que pour 99 justes qui n’ont pas besoin de pénitence !…

         J’avais obtenu “ le signe ” demandé et ce signe était la reproduction fidèle de [46 v°] grâces que Jésus m’avait faites pour m’attirer à prier pour les pécheurs. N’était-ce pas devant les plaies [de] Jésus, en voyant couler son sang Divin que la soif des âmes était entrée dans mon coeur ? Je voulais leur donner à boire ce sang immaculé qui devait les purifier de leurs souillures, et les lèvres de “ mon premier enfant ” allèrent se coller sur les plaies sacrées !!!… Quelle réponse ineffablement douce !… » (Ms A, 45 r°- 46 v°)

2ème partie) Dieu ne peut pas aimer moins que ses parents

Ms A, 4v° : « Toute ma vie le bon Dieu s’est plu à m’entourer d’amour, mes premiers souvenirs sont empreints des sourires et des caresses les plus tendres !… mais s’Il avait placé près de moi beaucoup d’amour, Il en avait mis aussi dans mon petit coeur, le créant aimant et sensible, aussi j’aimais beaucoup Papa et Maman et leur témoignais ma tendresse de mille manières »

Ms A 13, r° : « Cependant je continuais à être entourée de la tendresse la plus délicate. Le coeur si tendre de Papa avait joint à l’amour qu’il possédait déjà un amour vraiment maternel !… Vous, ma Mère [elle parle de Pauline, sa grande sœur, devenue la prieure du Carmel], et Marie n’étiez-vous pas pour moi les mères les plus tendres, les plus désintéressées ?… »

LT 100 : « Le premier jour de l’an est pour moi un monde de souvenirs… Je vois encore Papa nous comblant de ses caresses… Il était si bon !… »

LT 52 (cf. LT 46) : « Le facteur du petit Jésus est bien bon [son Papa], je lui envoie toute ma tendresse et mes baisers. Je prendrai le vin qu’il me donne avec bonheur, pensant qu’il vient de la cave de l’Enfant Jésus. Mon petit Père chéri, c’est toi qui est le facteur de Jésus, je le sais bien. Oh ! merci… que tu es bon pour moi ! Oui, je resterai toujours ta petite reine et je tâcherai de faire ta gloire en devenant une grande sainte. Thérèse de l’Enfant Jésus, le Diamant brillant et la petite perle très fine t’embrassent bien. On vient à l’instant de me montrer des oiseaux, oh ! mon petit Père chéri, que tu es donc bon. Il y a trois oiseaux, un pour le diamant, un pour la perle fine et un pour la petite reine à Papa, elle tâchera de faire son possible pour ressembler un peu à son Roi. »

Ms A, 83 v°-84 r° : « O ma Mère chérie ! après tant de grâces ne puis-je pas chanter avec le psalmiste : «Que le Seigneur est bon, que sa miséricorde est éternelle.» Il me semble que si toutes les créatures avaient les mêmes grâces que moi, le Bon Dieu ne serait craint de personne, mais aimé jusqu’à la folie, et que par amour, et non pas en tremblant, jamais aucune âme ne consentirait à Lui faire de la peine… […] A moi Il a donné sa Miséricorde infinie et c’est à travers elle que je contemple et adore les autres perfections Divines !… Alors toutes m’apparaissent rayonnantes d’amour, la Justice même (et peut-être encore plus que toute autre) me semble revêtue d’amour… Quelle douce joie de penser que le Bon Dieu est Juste, c’est-à-dire qu’Il tient compte de nos faiblesses, qu’Il connaît parfaitement la fragilité de notre nature. De quoi donc aurais-je peur ? Ah ! le Dieu infiniment juste qui daigna { Ms A, 84, r° } pardonner avec tant de bonté toutes les fautes de l’enfant prodigue, ne doit-Il pas être Juste aussi envers moi qui «suis toujours avec Lui» ?… »

Ms B, 1 (cf. Ms C, 3 r° et l’ascenseur) : « Je comprends si bien qu’il n’y a que l’amour qui puisse nous rendre agréables au Bon Dieu que cet amour est le seul bien que j’ambitionne. Jésus se plaît à me montrer l’unique chemin qui conduit à cette fournaise Divine, ce chemin c’est l’abandon du petit enfant qui s’endort sans crainte dans les bras de son Père… “Si quelqu’un est tout petit, qu’il vienne à moi” a dit l’Esprit Saint par la bouche de Salomon et ce même Esprit d’Amour a dit encore que “La miséricorde est accordée aux petits.” En son nom, le prophète Isaïe nous révèle qu’au dernier jour “Le Seigneur conduira son troupeau dans les pâturages, qu’il rassemblera les petits agneaux et les pressera sur son sein” et comme si toutes ces promesses ne suffisaient pas, le même prophète dont le regard inspiré plongeait déjà dans les profondeurs éternelles, s’écrie au nom du Seigneur : “Comme une mère caresse son enfant, ainsi je vous consolerai, je vous porterai sur mon sein et je vous caresserai sur mes genoux.” O Marraine chérie ! après un pareil langage, il n’y a plus qu’à se taire, à pleurer de reconnaissance [1 v°] et d’amour… Ah ! si toutes les âmes faibles et imparfaites sentaient ce que sent la plus petite de toutes les âmes, l’âme de votre petite Thérèse, pas une seule ne désespérerait d’arriver au sommet de la montagne de l’amour, puisque Jésus ne demande pas de grandes actions, mais seulement l’abandon et la reconnaissance, »

LT 138 à sa Tante : « Et puis ces peines m’ont appris à connaître mieux les trésors de tendresse cachés dans le coeur des parents chéris que le bon Dieu m’a donnés… «Le plus beau chef-d’oeuvre du coeur de Dieu, c’est le coeur d’une Mère.» Je sens combien est vraie cette parole et je remercie le Seigneur de m’en avoir fait faire la douce expérience. »

LT 191 à Léonie : « Je t’assure que le Bon Dieu est bien meilleur que tu le crois. Il se contente d’un regard, d’un soupir d’amour… Pour moi je trouve la perfection bien facile à pratiquer, parce que j’ai compris qu’il n’y a qu’à prendre Jésus par le Coeur… Regarde un petit enfant, qui vient de fâcher sa mère en se mettant en colère ou bien en lui désobéissant ; s’il se cache dans un coin avec un air boudeur et qu’il crie dans la crainte d’être puni, sa maman ne lui pardonnera certainement pas sa faute, mais s’il vient lui tendre ses petits bras en souriant et disant : «Embrasse-moi, je ne recommencerai plus.» Est-ce que sa mère pourra ne pas le presser contre son coeur avec tendresse et oublier ses malices enfantines ?… Cependant elle sait bien que son cher petit recommencera à la prochaine occasion, mais cela ne fait rien, s’il la prend encore par le coeur jamais il ne sera puni…

         Au temps de la loi de crainte, avant la venue de Notre Seigneur, le prophète Isaïe disait déjà parlant au nom du Roi des Cieux : «Une mère peut-elle oublier son enfant?… Eh bien! quand même une mère oublierait son enfant, moi, je ne vous oublierai jamais.» Quelle ravissante promesse ! Ah ! nous qui vivons dans la loi d’amour, comment ne pas profiter des amoureuses avances que nous fait notre Epoux… Comment craindre celui qui se laisse enchaîner par un cheveu qui vole sur notre cou !… »

Poésie 36 :

« 2. O toi qui sus créer le coeur des mères
Je trouve en toi le plus tendre des Pères !
Mon seul Amour, Jésus, Verbe Eternel
Pour moi ton coeur est plus que maternel
 A chaque instant, tu me suis, tu me gardes
Quand je t’appelle, ah ! jamais tu ne tardes
Et si parfois tu sembles te cacher
C’est toi qui viens m’aider à te chercher.

 3. C’est à toi seul, Jésus, que je m’attache
C’est en tes bras que j’accours et me cache,
Je veux t’aimer comme un petit enfant
Je veux lutter comme un guerrier vaillant »

Conclusion

Ms B, 5v° : « O Jésus ! que ne puis-je dire à toutes les petites âmes combien ta condescendance est ineffable… je sens que si par impossible tu trouvais une âme plus faible, plus petite que la mienne, tu te plairais à la combler de faveurs plus grandes encore, si elle s’abandonnait avec une entière confiance à ta miséricorde infinie »