Que nous dit Marie de Jésus? Les 5 vérités mariales

Oui, Marie a quelque chose à nous dire sur Jésus! La Bible et la Tradition parlent de Marie toujours en relation avec le Christ.
Peut-être pensez-vous que l’Immaculée Conception ou l’Assomption ne concernent que Marie? Que ces dogmes ne servent qu’à nous faire admirer l’incomparable Mère de Dieu? En réalité, ces vérités ont été affirmées d’abord pour dire quelque chose de Jésus… et aussi de nous et de l’Eglise !

Vous trouverez ci-dessous la vidéo de la seconde conférence (la première est ici : comment prier Marie?) que j’ai donnée sur la Vierge Marie au sanctuaire Notre-Dame du Laus, avec pour titre : Que nous dit Marie de Jésus? Les 5 vérités mariales.

Sous la vidéo, j’ai mis le résumé de la conférence, avec en particulier les références sur Marie dans la Bible.

Bonne découverte !

Que nous dit Marie de Jésus? Les 5 dogmes mariaux.
  1. Parle-t-on de Marie dans la Bible?

Oui ! Contrairement à certains préjugés malheureusement tenaces, Marie est très présente dans le Nouveau Testament ; les deux premiers chapitres de Saint Luc lui sont même consacrés ! Marie est en particulier présente à tous les moments capitaux de la vie du Christ. Etablissons une liste rapide :

         C’est en elle que s’accomplit l’Incarnation grâce à son Oui le jour de l’Annonciation (Lc 1, 26-38 ; Mt 1, 18-25). Elle est dans la liste des ancêtres du Messie (Mt 1, 1-17). Le premier témoignage du prophète Jean le Baptiste déclarant Jésus comme Seigneur eu lieu lors de la Visitation d’Elisabeth par Marie (Lc 1, 39-56). Elle met au monde Jésus à Bethléem (Nativité), selon les Ecritures (Lc 2, 1-7). Bergers et Mages (Epiphanie) lui rendent hommage ainsi qu’à son Fils (Mt 2, 1-23 ; Lc 2, 8-21). Lors de la Présentation de Jésus au Temple, Syméon accompagne sa prophétie sur le Christ d’une prédiction la concernant (Lc 2, 22-38). Lors du Recouvrement au Temple, c’est à elle encore que Jésus déclare que Dieu est son Père (Lc 2, 41-50).

         Le premier signe de Jésus est fait à la demande de Marie aux noces de Cana qui semble le pousser à inaugurer sa vie publique (Jn 2, 1-12). Elle l’accompagne dans son ministère (Lc 8, 19-21 ; Mt 12, 46-50 ; Mc 3, 31-35). Cana étant, dans l’Evangile de St Jean, une préfiguration de l’Eucharistie, elle y est d’une certaine façon associée. Marie est encore présente au pied de la Croix, au cœur de la Passion de son Fils, là où s’accomplit la Rédemption de toute l’humanité (Jn 19, 25-27).

         Marie est donc présente et mentionnée explicitement au cours de toute la vie de Jésus, en particulier au début et à la fin de la vie de Celui qui est éternel !

         La Sainte Vierge participe aussi à la naissance de l’Eglise à la Pentecôte (Ac 1, 14).

         En dehors des Evangiles, mentionnons, en plus d’une mention chez saint Paul (Ga 4, 4), le dernier livre de la Bible, l’Apocalypse, qui la place encore à la fin des temps (Ap 12, 1-17).

         Déjà l’Ancien Testament l’annonçait dès la Genèse comme mère du Rédempteur (Gn 3, 15). De même que Jésus était prophétisé par les figures d’Abel, de Noé, de Josué, de Moïse, de David, etc., Marie aussi était préfigurée à travers les grandes figures de femmes qui préfiguraient la mère du Messie : Myriam, Anne, Sara, Rebecca, Rachel, Léa, Judith, Esther, et aussi la figure de la Sagesse.

         Elle est en effet présentée par St Jean comme La femme par excellence (Jn 2, 4 ; Jn 19, 26).

         Modèle des croyants, elle gardait tous les événements dans son cœur (Lc 2, 19.51). Modèle des disciples, elle fait parfaitement la volonté de Dieu en écoutant et mettant en pratique la Parole du Christ (Lc 11, 27-28 ; Lc 8, 19-21 ; Mt 12, 46-50 ; Mc 3, 31-35).

         Je m’arrête dans ce rapide parcours des Saintes Ecritures : Marie est la femme la plus présente dans les Evangiles et celle qui reçoit le titre le plus élevé, le plus inouï : « comblée, pleine-de-grâce » (Lc 2, 28).

2. Les 5 dogmes mariaux et leurs implications concernant Jésus et l’Eglise

Voici la plus ancienne prière mariale connue, dont on a trouvé un parchemin datant des années 200 : le Sub tuum praesidium :

Sous ta miséricorde, nous nous réfugions,
ô Mère de Dieu,
ne méprise pas nos supplications

[quand nous sommes] dans le besoin,
mais du danger libère-nous,
[toi la] seule pure, [la seule] bénie !

  • Mère de Dieu (Théotokos) : Cf. Lc 1, 35.43 ; 2, 7. Concile d’Ephèse 431. Déjà dans les prières liturgiques au 3e siècle (Dei Genitrix).

            Cette proclamation a été faite pour souligner la divinité du Christ et l’unicité de sa personne en deux natures, contre l’hérésie de Nestorius.

            Marie est mère de Jésus d’abord par sa foi avant de l’être physiquement ! C’est son « oui » à l’Annonciation. Elle est aussi notre mère et la mère de l’Eglise en accueillant Jean au pied de la Croix (« voici ton fils » Jn 19, 25-27)

  • Virginité perpétuelle : Pour la conception virginale (sans époux humain) de Jésus par Marie : Is 7, 14 ; Lc 1, 17.34-36 ; Mt 1, 18-25. Pour la virginité perpétuelle : vocation spécifique à la virginité : Jr 16 ; Mt 19, 10 ; Lc 20, 34-36 ; 1 Co 7 ; le Christ est le vrai Epoux : Jn 2 ; 3, 29 ; 4 ; 20 ; 2 Co 11, 2 ; Ep 5. Affirmé dès 374 (symbole de l’Epiphane), et beaucoup de Conciles (Constantinople II 553, … Vatican II), et dans toutes les liturgies.

            Le sens de cette virginité est que Jésus est l’unique Epoux de l’Eglise et de chacune de nos âmes. Répondre parfaitement à l’amour de Dieu implique ici de se consacrer entièrement à lui, donc aussi avec son corps. Le Christ lui-même ne s’est pas marié. Marie est le type de la croyante par excellence, entièrement donnée à Dieu, sans partage.

            L’objection classique des « frères » de Jésus n’a pas de réel fondement puisque le terme grec adelphos signifie indistinctement frère ou cousin, voire même les membres d’une entité plus large (frères juifs en Ac 2, 29 par ex., voir aussi : Ac 9, 17). Ceux dont on parle en Mt 13, 55 // Mc 6, 3, sont, d’après Mt 27, 56 // Mc 15, 40.47 les enfants d’une autre Marie, soeur de la Sainte Vierge et femme de Cléophas selon Jn 19, 25.

            Plusieurs ont supposé que Marie avait fait un vœu de virginité avant l’Annonciation.

  • Immaculée Conception : (Marie conçue sans le péché originel) : Cf. Lc 1, 30.42 ; dessein de Dieu d’une personne/Eglise immaculée et pure : Is 61, 10 ; Ba 5, 1-4 ; Os 2, 21-22 ; Ep 1, 4, Ep 5, 26-27 ; 2Co 11, 2. Ve siècle : apparition des expressions : Marie « immaculée » et « toute pure » ; VIIe s. : fête de la Conception de Marie ; XIIe s. : Eadmer de Cantorbery ; XIIIe s. : Bienheureux Duns Scot ; 8 décembre 1854 : dogme par Pie IX. : « La bienheureuse Vierge Marie a été, au premier instant de sa conception, par une grâce et une faveur singulière du Dieu Tout-Puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ Sauveur du genre humain, préservée intacte du péché originel. »

            Cette vérité témoigne de la puissance de Dieu sur le mal. L’Immaculée conception de Marie témoigne que le péché n’aura pas le dernier mot, car il est déjà totalement vaincu en Marie. Notre lien avec le Seigneur est plus fort que l’emprise du mal.

            Le Oui de Marie (Lc 1, 38) est donc absolument pur et parfait. En tant que figure de l’Eglise, Marie nous permet de répondre en vérité à la volonté de Dieu. Elle a dit Oui aussi pour nous ! Elle est ce que nous sommes appelés à être, purs et sans péché (Ep 1, 4).

  • Assomption : Cf. 1 Co 15, 12-57 ; Jn 6, 40 ; idem l’Immaculée conception ; Apocryphes IIe s. ; fête de la Dormition : v.500 ; Théodore d’Alexandrie : 566. ; Pie XII 1/11/1950 : « La Vierge immaculée, préservée par Dieu de toute atteinte de la faute originelle, ayant accompli le cours de sa vie terrestre, fut élevé corps et âme à la gloire du ciel, et exaltée par le Seigneur comme la Reine de l’univers, pour être ainsi plus entièrement conforme à son Fils, Seigneur des seigneurs, victorieux du péché et de la mort. »

            L’idée est la même que pour l’Immaculée conception : si Jésus nous sauve vraiment, il faut que ce soit parfait et réalisé au moins en une personne. Or le péché a corrompu le corps. Par sa Résurrection avec un corps transfiguré, le Christ nous a sauvés jusque dans notre chair (cf. 1, Co 15) : le salut concerne toute la personne. Ainsi, le corps de Marie doit participer à la gloire de son Fils ressuscité.

            Son Assomption nous assure de la réalité de notre résurrection avec tout notre être et donc notre corps.

  • Médiation de Marie (on parle aussi d’auxiliatrice, de co-rédemptrice, de dispensatrice de toutes grâces) : médiatrice pour le consentement de l’humanité à l’Incarnation rédemptrice : Lc 1, 26-38 ; médiatrice pour une grâce : 1er des signes à Cana : Jn 2, 1-12 ; médiatrice pour l’Eglise qu’elle enfante à la Croix : Jn 19, 25-27. Fêtée le 31 août en Belgique. Vatican II, en particulier Lumen Gentium nos 8.53-64.

            Un médiateur n’est pas un intermédiaire, il nous rend immédiatement présents à la personne.

            « Le Christ est l’unique Médiateur. Cependant, cette médiation unique n’exclut pas, mais suscite chez les créatures une coopération variée qui participe à l’unique source » (LG 62). L’Eglise, en tant que « sacrement universel du salut », est suscitée par le Christ comme médiation universelle (LG 48). Cette médiation est exercée par l’Eglise en tant que « Vierge-Epouse » (LG 64) du Seigneur. Marie est la personnification de cette médiation ecclésiale.

            « En prononçant le Oui de l’Annonciation et en donnant son consentement au mystère de l’Incarnation, Marie collabore déjà à toute l’œuvre que doit accomplir son Fils. Elle est mère partout où il est Sauveur (Père Marie-Eugène de l’E.-J., ocd) » (CEC 973). En tant que « Mère de l’Eglise, elle continue au ciel son rôle maternel à l’égard des membres du Christ » (CEC 975).

            Cette sollicitude maternelle s’expérimente en particulier dans la prière.