La lettre aux Hébreux affirme : « La foi est une façon de posséder ce que l’on espère, un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas » (He 11, 1). Par définition, l’objet de la foi est invisible ! C’est pour cela que c’est un non-sens de dire : « Moi, je ne crois que ce que je vois ». Car ce que je vois n’est pas objet de foi, mais c’est une simple constatation. Vous n’allez pas dire à un ami que vous croisez dans la rue : « Puisque je te vois, je crois que tu existes ». Vous constatez simplement qu’il est toujours en vie… Saint Paul l’explique bien : « Voir ce qu’on espère, ce n’est plus espérer : ce que l’on voit, comment peut-on l’espérer encore ? » (Rm 8, 24)
Dans la prière, nous nous adressons à Dieu. Or Dieu est pur esprit, il est invisible. Son Fils Jésus, qui l’a rendu visible, est remonté au Ciel. Même s’il reste présent dans l’Eucharistie, je ne vois pas son visage. La prière est donc un exercice de foi!
La foi n’étant pas du domaine du sensible, on comprend une des difficultés de la prière : je ne sens pas Dieu. Certes, Dieu peut parfois manifester sa présence, mais cela n’a rien d’habituel. Saint Jean de la Croix décrit la foi comme étant certaine et obscure (Montée du Carmel, Livre II, ch. 3).
– Certaine, car Dieu ne me trompe pas, il est la vérité. Je peux m’appuyer sur Lui.
– Mais aussi obscure, car Dieu est invisible, et car il me dépasse infiniment. En plus, mon péché m’éloigne de lui et dresse comme un voile entre Lui et moi.
Alors, demandons à Jésus qu’il fasse grandir notre foi !
Voir aussi le 10e jour de notre parcours