Le mariage: une aventure à deux avec Dieu

Le mariage est une formidable aventure à deux avec Dieu !

Au cours de ces deux enseignements, nous regarderons d’abord comment l’époux et l’époux peuvent grandir dans leur amour mutuel, sans tomber ni dans la fusion, ni la simple juxtaposition. La méditation du pape saint Jean-Paul II sur le « don désintéressé » nous guidera. Dans le second enseignement, nous contemplerons, à la suite du père Henri Caffarel, comment chacun des deux époux est appelé à aimer Jésus d’un amour privilégié.

Mariage 1/2: Le respect mutuel dans le couple à l’école des saints
Mariage 2/2: Dans le mariage, aimer Jésus par dessus tous

1er enseignement : Le respect mutuel dans le couple à l’école des saints

1) L’enseignement de saint Jean-Paul II

Les 3 degrés amour

            « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » (Jn 15, 13 ; cf. Ep 5, 25.32)

Méditation de Jean-Paul II sur le don désintéressé (8 février 1994)

A)        « Il est juste d’ajouter, enfin, que, dans la présente Méditation sur le «don désintéressé», se trouve d’une certaine manière caché un long chemin, un «itinéraire» intérieur qui m’a porté depuis les paroles que j’ai entendues dans ma jeunesse sur les lèvres de mon directeur spirituel [« Peut-être Dieu désire-t-il te donner cette personne… »], jusqu’à ce «Totus tuus» qui m’accompagne continuellement depuis tant d’années. […]

Je me rendais compte que la vocation sacerdotale aura mis sur mon chemin beaucoup de personnes, que Dieu m’aura confié de manière particulière chacun et chacune d’elles : «Il donnera» et «confiera». C’est alors, à ce moment, que surgit [638] le grand besoin de ma garde à Marie qui s’exprime dans les paroles «Totus Tuus». Ce n’est pas tant une déclaration qu’une prière pour que je sois gardé de toute concupiscence, même la plus secrète. Afin que je sois pur, c’est-à-dire «transparent» devant Dieu et devant les hommes. Afin que pur soit mon regard, mon écoute, mon esprit. Afin que tout serve à la révélation du beau que Dieu donne aux hommes. Il me revient en mémoire la citation Pianoforte de Chopin de Norwid :

«Je fus de Toi en ces derniers jours

De ce fil inaccompli —

Pleins comme le Mythe.

Pâles comme l’aurore…

Quand la fin de la vie murmure au commencement:

Je ne t’utiliserai pas — non! je mettrai en évidence…»

            Je n’utiliserai pas… je ne détruirai pas… je ne diminuerai pas… je mettrai en évidence

            «Totus Tuus». Oui. Il faut être totalement don, un don désintéressé, pour reconnaître en toute personne ce don qu’elle est. Pour remercier le Donateur du don de cette personne. »

B)        « L’autre personne, la femme pour l’homme (masculin) ou l’homme (masculin) pour la femme, est un bien grandiose et indicible parce qu’il est racheté. Souvent et de manière juste, la rédemption est comprise dans les termes d’une grande dette qui, à cause du péché, pèse sur l’humanité. Néanmoins, elle est aussi, ou peut-être avant tout, la donation renouvelée à l’homme et à tout ce qui fut créé, de ce bien et de ce beau, [donation] qui lui est donnée dans le mystère de la création. Dans la rédemption, tout devient nouveau (cf. Ap 21,5). L’homme fut en un certain sens de nouveau donné dans son humanité — donné dans le mystère pascal à travers le Christ crucifié et ressuscité. À l’homme, en un certain sens, est redonnée sa masculinité, sa féminité, [635] la capacité d’être pour l’autre, la capacité de la réciprocité dans la communion. Dans cette perspective, les paroles «Dieu t’a donné à moi» acquièrent un sens totalement inédit. Dieu donne un homme à l’autre de manière nouvelle à travers le Christ où la pleine valeur de l’homme que celui-ci possède depuis l’origine, qu’il a reçue dans le mystère de la création, se révèle de manière nouvelle et de manière nouvelle se réalise. »

2) L’exemple de Marie et de Joseph

Marie qui dit oui à l’ange, en tenant compte de son mariage avec Joseph

            « 26 Le sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, 27 à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. 28 L’ange entra chez elle et dit : “Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi.” […] 34 Marie dit à l’ange : “Comment cela va-t-il se faire puisque je ne connais pas d’homme ?” » (Lc 1, 26‑38)

Joseph qui doit accepter Marie enceinte

            « 18 Or, voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. 19 Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. 20 Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : “Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; 21 elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés.” 22 Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : 23 Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : “Dieu-avec-nous” 24 Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse, 25 mais il ne s’unit pas à elle, jusqu’à ce qu’elle enfante un fils, auquel il donna le nom de Jésus. » (Mt 1, 18‑25)

Fuite en Egypte et retour

            « 13 Après leur départ, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : “Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr.” 14 Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère, et se retira en Égypte, 15 où il resta jusqu’à la mort d’Hérode, pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : D’Égypte, j’ai appelé mon fils. […]. 19 Après la mort d’Hérode, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph en Égypte 20 et lui dit : “Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et pars pour le pays d’Israël, car ils sont morts, ceux qui en voulaient à la vie de l’enfant.” 21 Joseph se leva, prit l’enfant et sa mère, et il entra dans le pays d’Israël. 22 Mais, apprenant qu’Arkélaüs régnait sur la Judée à la place de son père Hérode, il eut peur de s’y rendre. Averti en songe, il se retira dans la région de Galilée 23 et vint habiter dans une ville appelée Nazareth, pour que soit accomplie la parole dite par les prophètes : Il sera appelé Nazaréen. » (Mt 2, 13‑23)

3) Saint Paul (Ep 5) et saints Louis et Zélie Martin

            « 21 Par respect pour le Christ, soyez soumis les uns aux autres  » (Ep 5, 21‑33)

2e enseignement : Dans le mariage, aimer Jésus par dessus tout

1) Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ?

Le recouvrement au Temple

         « 41 Chaque année, les parents de Jésus se rendaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque. 42 Quand il eut douze ans, ils montèrent en pèlerinage suivant la coutume. 43 À la fin de la fête, comme ils s’en retournaient, le jeune Jésus resta à Jérusalem à l’insu de ses parents. 44 Pensant qu’il était dans le convoi des pèlerins, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances. 45 Ne le trouvant pas, ils retournèrent à Jérusalem, en continuant à le chercher. 46 C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi : il les écoutait et leur posait des questions, 47 et tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses. 48 En le voyant, ses parents furent frappés d’étonnement, et sa mère lui dit : “Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme ton père et moi, nous avons souffert en te cherchant !” 49 Il leur dit : “Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ?” 50 Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait. » (Lc 2, 41‑50)

            « 51 Il descendit avec eux pour se rendre à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements. 52 Quant à Jésus, il grandissait en sagesse, en taille et en grâce, devant Dieu et devant les hommes. » (Lc 2, 51‑52)

Dieu 1er servi

            « 36 “Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ?” 37 Jésus lui répondit : “Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. 38 Voilà le grand, le premier commandement. » (Mt 22, 36‑38)

            « 16 Jésus lui dit : “Un homme donnait un grand dîner, et il avait invité beaucoup de monde. 17 À l’heure du dîner, il envoya son serviteur dire aux invités : “Venez, tout est prêt.” 18 Mais ils se mirent tous, unanimement, à s’excuser. Le premier lui dit : “J’ai acheté un champ, et je suis obligé d’aller le voir ; je t’en prie, excuse-moi.” 19 Un autre dit : “J’ai acheté cinq paires de bœufs, et je pars les essayer ; je t’en prie, excuse-moi.” 20 Un troisième dit : “Je viens de me marier, et c’est pourquoi je ne peux pas venir.” 21 De retour, le serviteur rapporta ces paroles à son maître. Alors, pris de colère, le maître de maison dit à son serviteur : “Dépêche-toi d’aller sur les places et dans les rues de la ville ; les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux, amène-les ici.” » (Lc 14)

            « “Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple. » (Lc 14, 26)

2) Caffarel et le progrès de l’amour de Dieu dans le couple

S’entraider dans l’amour de Dieu

            Père Henri Caffarel : « Heureux ces époux […] dont l’amour a pour première ambition de s’entraider à répondre toujours plus généreusement à l’appel de Celui qui, dans l’Ancien et le Nouveau Testament, s’est toujours présenté comme l’Époux. ‘L’amour, m’écrivait un homme marié, engendre le désir de voir l’autre se réaliser en plénitude. Je sais que ma femme ne pourra être comblée dans sa vocation d’épouse que par le seul Époux : le Christ, et je l’aime trop pour ne pas le désirer, le vouloir pour elle… de toute ma faiblesse’. »(H. Caffarel, Le mariage, aventure de sainteté, Parole et Silence, 2013, p.81-82.)

Jésus, le seul vrai époux

            Caffarel : « Les Saints, à la suite de la Bible, recourent volontiers à la métaphore du mariage, de l’amour conjugal, pour parler de leur relation avec le Christ. C’est que ce terme d’amour conjugal est le plus fort que l’homme ait à sa disposition pour exprimer l’amour le plus total. Mais au plan divin, l’amour dont Dieu nous aime, l’amour qu’il infuse à nos cœurs pour l’aimer, dépasse infiniment ce que nous mettons dans l’expression amour conjugal »

            Caffarel : « Dans ce foyer où grandit la charité au fur et à mesure que s’approfondissent l’amour conjugal et l’amour des enfants, et grâce à cet approfondissement, le Christ va prendre une place de plus en plus importante.

            Peut-être au début les époux ne voyaient-ils en lui que le Maître, celui à qui on ne peut pas ne pas obéir quand il pose la question de confiance, chaque fois qu’un commandement formel est en cause. En cette phase, leur amour veillait principalement à ne pas [75] s’écarter de ce que défend le Seigneur, à se soumettre à sa loi.

            Mais le couple est allé de l’avant, il a progressé dans la charité, il en est arrivé à considérer le Christ comme l’ami, leur ami commun. Leur amour pour lui se fait plus positif: ils sont désormais guidés par le désir de lui plaire. Il ne leur suffit plus d’obéir aux ordres du Seigneur, mais ils recherchent ses préférences. Ils s’efforcent de le suivre, de l’imiter, de coopérer à sa mission. Pour lui, souvent et avec élan, ils renoncent à ce qui leur plairait.

            Leur amour progresse encore: le Christ devient l’ami préféré. Il passe toujours en premier. Non seulement avant les appels des autres amis, mais avant les aspirations, même les plus légitimes, du couple. Le Christ premier servi en tout et toujours, telle est la loi de ce foyer. Celle du moins qu’il ambitionne d’observer.

            En cette demeure où les conjoints cheminent côte à côte à la recherche d’une vie chrétienne toujours plus vraie, en même temps que leur amour commun pour le Christ, grandit en chacun la charité [=amour de Dieu]. Pendant longtemps, mari et femme n’avaient pas eu à se demander lequel passe d’abord, de l’amour du conjoint ou de l’amour du Christ. Ce n’est pas du même ordre, pensaient-ils implicitement: si le Christ détient la primauté de souveraineté, le conjoint a primauté d’amour. Un peu comme il en est pour la patrie : le jour où elle convoque l’homme à la guerre, il part en dépit de son amour pour son épouse, non pas qu’il aime son pays plus que celle-ci, mais parce qu’i1 y a primauté de souveraineté du côté de la patrie.

            Mais voici que l’amour de chaque conjoint pour le Seigneur ne cesse de progresser. La courbe de croissance de la charité en chacun reproduit à son plan la courbe de l’évolution de l’amour humain que nous avons considérée plus haut. De même que l’amour en évoluant achemine l’être humain au don de soi à un seul: don total, exclusif, définitif, de même en est-il pour la charité [=l’amour de Dieu]. Et voilà que le Christ, un beau jour, fait comprendre à l’un ou à l’autre des conjoints qu’il attend de lui un don total, exclusif, définitif. Étonné, celui qui entend l’appel fait remarquer au Seigneur qu’il est trop tard : qu’il est lié à un autre, d’un mariage indissoluble. Mais le Christ de lui répondre :

            ‘C’est moi qui ai fait le mariage, tu ne saurais m’opposer les lois de l’amour. – Il fallait me prévenir et ne pas me laisser m’engager. – Prévenu, tu l’étais : l°Évangile est explicite et le baptême n’est-il pas un don total ? Mais il est vrai que tu ne pouvais alors comprendre ; il a fallu ta croissance spirituelle, précisément dans et par le mariage, pour qu’aujourd’hui je puisse te lancer l’appel avec chance d’être entendu. C’est une réalité prodigieuse que je te propose : une vie à deux avec le Fils de Dieu. Le vrai mariage est celui de l’âme avec son Dieu’. » (p.75-77)

            Caffarel : « Qui perd sa vie la sauve, qui perd son amour le sauve : les époux un moment ont pu croire qu’en répondant à l’appel du Christ ils compromettraient leur union ; à vrai dire leur réponse permet à celle-ci de se dépasser et d’accéder à une perfection nouvelle. Ce qu’autrefois ils croyaient, il leur arrive maintenant de l’expérimenter : ‘Où se rencontrent la charité [=amour de Dieu] et l’amour [du conjoint], là Dieu est présent’. » (p.82)

3) Jésus, l’Epoux de l’Eglise

            « Celui à qui l’épouse appartient, c’est l’époux ; quant à l’ami de l’époux, il se tient là, il entend la voix de l’époux, et il en est tout joyeux. Telle est ma joie : elle est parfaite. » (Jn 3, 29)

            « à cause de mon amour jaloux qui est l’amour même de Dieu pour vous. Car je vous ai unis au seul Époux : vous êtes la vierge pure que j’ai présentée au Christ. » (2 Co 11, 2)

            Voir aussi : Mt 22, 30 ; Mt 9, 15 ; Mt 25, 1 ; Ap 22, 17.20  

3e temps : Questions pour échanges le dimanche matin

         « Je n’utiliserai pas… je ne détruirai pas… je ne diminuerai pas… je mettrai en évidence… »

En couple :

1) En quoi j’utilise mon conjoint pour satisfaire mon égoïsme ?

2) En quoi je pourrais aider mon conjoint à exister davantage dans la famille ?

Réfléchir chacun de son côté… mais aussi en discuter à deux !

3) Quelle est la place que nous donnons à Dieu dans notre couple ?

4) Comment puis-je vivre davantage le 1er commandement ?

5) Comment est-ce que je vois le rapport entre mon amour pour Dieu et mon amour pour mon époux/épouse

En famille (avec les enfants) :

6) Quelle est la place pour les cadeaux, la famille, Jésus à Noël ?

7) Quel cadeau puis-je offrir à Jésus à Noël ?

8) Comment puis-je prier spécialement pendant cet Avent pour demander la venue de Jésus dans ma vie ?

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1er enseignement : Le respect mutuel dans le couple à l’école des saints

1) L’enseignement de saint Jean-Paul II

Les 3 degrés amour

            « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » (Jn 15, 13 ; cf. Ep 5, 25.32)

Méditation de Jean-Paul II sur le don désintéressé (8 février 1994)

A)        « Il est juste d’ajouter, enfin, que, dans la présente Méditation sur le «don désintéressé», se trouve d’une certaine manière caché un long chemin, un «itinéraire» intérieur qui m’a porté depuis les paroles que j’ai entendues dans ma jeunesse sur les lèvres de mon directeur spirituel [« Peut-être Dieu désire-t-il te donner cette personne… »], jusqu’à ce «Totus tuus» qui m’accompagne continuellement depuis tant d’années. […]

Je me rendais compte que la vocation sacerdotale aura mis sur mon chemin beaucoup de personnes, que Dieu m’aura confié de manière particulière chacun et chacune d’elles : «Il donnera» et «confiera». C’est alors, à ce moment, que surgit [638] le grand besoin de ma garde à Marie qui s’exprime dans les paroles «Totus Tuus». Ce n’est pas tant une déclaration qu’une prière pour que je sois gardé de toute concupiscence, même la plus secrète. Afin que je sois pur, c’est-à-dire «transparent» devant Dieu et devant les hommes. Afin que pur soit mon regard, mon écoute, mon esprit. Afin que tout serve à la révélation du beau que Dieu donne aux hommes. Il me revient en mémoire la citation Pianoforte de Chopin de Norwid :

«Je fus de Toi en ces derniers jours

De ce fil inaccompli —

Pleins comme le Mythe.

Pâles comme l’aurore…

Quand la fin de la vie murmure au commencement:

Je ne t’utiliserai pas — non! je mettrai en évidence…»

            Je n’utiliserai pas… je ne détruirai pas… je ne diminuerai pas… je mettrai en évidence

            «Totus Tuus». Oui. Il faut être totalement don, un don désintéressé, pour reconnaître en toute personne ce don qu’elle est. Pour remercier le Donateur du don de cette personne. »

B)        « L’autre personne, la femme pour l’homme (masculin) ou l’homme (masculin) pour la femme, est un bien grandiose et indicible parce qu’il est racheté. Souvent et de manière juste, la rédemption est comprise dans les termes d’une grande dette qui, à cause du péché, pèse sur l’humanité. Néanmoins, elle est aussi, ou peut-être avant tout, la donation renouvelée à l’homme et à tout ce qui fut créé, de ce bien et de ce beau, [donation] qui lui est donnée dans le mystère de la création. Dans la rédemption, tout devient nouveau (cf. Ap 21,5). L’homme fut en un certain sens de nouveau donné dans son humanité — donné dans le mystère pascal à travers le Christ crucifié et ressuscité. À l’homme, en un certain sens, est redonnée sa masculinité, sa féminité, [635] la capacité d’être pour l’autre, la capacité de la réciprocité dans la communion. Dans cette perspective, les paroles «Dieu t’a donné à moi» acquièrent un sens totalement inédit. Dieu donne un homme à l’autre de manière nouvelle à travers le Christ où la pleine valeur de l’homme que celui-ci possède depuis l’origine, qu’il a reçue dans le mystère de la création, se révèle de manière nouvelle et de manière nouvelle se réalise. »

2) L’exemple de Marie et de Joseph

Marie qui dit oui à l’ange, en tenant compte de son mariage avec Joseph

            « 26 Le sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, 27 à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. 28 L’ange entra chez elle et dit : “Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi.” […] 34 Marie dit à l’ange : “Comment cela va-t-il se faire puisque je ne connais pas d’homme ?” » (Lc 1, 26‑38)

Joseph qui doit accepter Marie enceinte

            « 18 Or, voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. 19 Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. 20 Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : “Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; 21 elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés.” 22 Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : 23 Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : “Dieu-avec-nous” 24 Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse, 25 mais il ne s’unit pas à elle, jusqu’à ce qu’elle enfante un fils, auquel il donna le nom de Jésus. » (Mt 1, 18‑25)

Fuite en Egypte et retour

            « 13 Après leur départ, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : “Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr.” 14 Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère, et se retira en Égypte, 15 où il resta jusqu’à la mort d’Hérode, pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : D’Égypte, j’ai appelé mon fils. […]. 19 Après la mort d’Hérode, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph en Égypte 20 et lui dit : “Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et pars pour le pays d’Israël, car ils sont morts, ceux qui en voulaient à la vie de l’enfant.” 21 Joseph se leva, prit l’enfant et sa mère, et il entra dans le pays d’Israël. 22 Mais, apprenant qu’Arkélaüs régnait sur la Judée à la place de son père Hérode, il eut peur de s’y rendre. Averti en songe, il se retira dans la région de Galilée 23 et vint habiter dans une ville appelée Nazareth, pour que soit accomplie la parole dite par les prophètes : Il sera appelé Nazaréen. » (Mt 2, 13‑23)

3) Saint Paul (Ep 5) et saints Louis et Zélie Martin

            « 21 Par respect pour le Christ, soyez soumis les uns aux autres  » (Ep 5, 21‑33)

2e enseignement : Dans le mariage, aimer Jésus par dessus tout

1) Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ?

Le recouvrement au Temple

         « 41 Chaque année, les parents de Jésus se rendaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque. 42 Quand il eut douze ans, ils montèrent en pèlerinage suivant la coutume. 43 À la fin de la fête, comme ils s’en retournaient, le jeune Jésus resta à Jérusalem à l’insu de ses parents. 44 Pensant qu’il était dans le convoi des pèlerins, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances. 45 Ne le trouvant pas, ils retournèrent à Jérusalem, en continuant à le chercher. 46 C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi : il les écoutait et leur posait des questions, 47 et tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses. 48 En le voyant, ses parents furent frappés d’étonnement, et sa mère lui dit : “Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme ton père et moi, nous avons souffert en te cherchant !” 49 Il leur dit : “Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ?” 50 Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait. » (Lc 2, 41‑50)

            « 51 Il descendit avec eux pour se rendre à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements. 52 Quant à Jésus, il grandissait en sagesse, en taille et en grâce, devant Dieu et devant les hommes. » (Lc 2, 51‑52)

Dieu 1er servi

            « 36 “Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ?” 37 Jésus lui répondit : “Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. 38 Voilà le grand, le premier commandement. » (Mt 22, 36‑38)

            « 16 Jésus lui dit : “Un homme donnait un grand dîner, et il avait invité beaucoup de monde. 17 À l’heure du dîner, il envoya son serviteur dire aux invités : “Venez, tout est prêt.” 18 Mais ils se mirent tous, unanimement, à s’excuser. Le premier lui dit : “J’ai acheté un champ, et je suis obligé d’aller le voir ; je t’en prie, excuse-moi.” 19 Un autre dit : “J’ai acheté cinq paires de bœufs, et je pars les essayer ; je t’en prie, excuse-moi.” 20 Un troisième dit : “Je viens de me marier, et c’est pourquoi je ne peux pas venir.” 21 De retour, le serviteur rapporta ces paroles à son maître. Alors, pris de colère, le maître de maison dit à son serviteur : “Dépêche-toi d’aller sur les places et dans les rues de la ville ; les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux, amène-les ici.” » (Lc 14)

            « “Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple. » (Lc 14, 26)

2) Caffarel et le progrès de l’amour de Dieu dans le couple

S’entraider dans l’amour de Dieu

            Père Henri Caffarel : « Heureux ces époux […] dont l’amour a pour première ambition de s’entraider à répondre toujours plus généreusement à l’appel de Celui qui, dans l’Ancien et le Nouveau Testament, s’est toujours présenté comme l’Époux. ‘L’amour, m’écrivait un homme marié, engendre le désir de voir l’autre se réaliser en plénitude. Je sais que ma femme ne pourra être comblée dans sa vocation d’épouse que par le seul Époux : le Christ, et je l’aime trop pour ne pas le désirer, le vouloir pour elle… de toute ma faiblesse’. »(H. Caffarel, Le mariage, aventure de sainteté, Parole et Silence, 2013, p.81-82.)

Jésus, le seul vrai époux

            Caffarel : « Les Saints, à la suite de la Bible, recourent volontiers à la métaphore du mariage, de l’amour conjugal, pour parler de leur relation avec le Christ. C’est que ce terme d’amour conjugal est le plus fort que l’homme ait à sa disposition pour exprimer l’amour le plus total. Mais au plan divin, l’amour dont Dieu nous aime, l’amour qu’il infuse à nos cœurs pour l’aimer, dépasse infiniment ce que nous mettons dans l’expression amour conjugal »

            Caffarel : « Dans ce foyer où grandit la charité au fur et à mesure que s’approfondissent l’amour conjugal et l’amour des enfants, et grâce à cet approfondissement, le Christ va prendre une place de plus en plus importante.

            Peut-être au début les époux ne voyaient-ils en lui que le Maître, celui à qui on ne peut pas ne pas obéir quand il pose la question de confiance, chaque fois qu’un commandement formel est en cause. En cette phase, leur amour veillait principalement à ne pas [75] s’écarter de ce que défend le Seigneur, à se soumettre à sa loi.

            Mais le couple est allé de l’avant, il a progressé dans la charité, il en est arrivé à considérer le Christ comme l’ami, leur ami commun. Leur amour pour lui se fait plus positif: ils sont désormais guidés par le désir de lui plaire. Il ne leur suffit plus d’obéir aux ordres du Seigneur, mais ils recherchent ses préférences. Ils s’efforcent de le suivre, de l’imiter, de coopérer à sa mission. Pour lui, souvent et avec élan, ils renoncent à ce qui leur plairait.

            Leur amour progresse encore: le Christ devient l’ami préféré. Il passe toujours en premier. Non seulement avant les appels des autres amis, mais avant les aspirations, même les plus légitimes, du couple. Le Christ premier servi en tout et toujours, telle est la loi de ce foyer. Celle du moins qu’il ambitionne d’observer.

            En cette demeure où les conjoints cheminent côte à côte à la recherche d’une vie chrétienne toujours plus vraie, en même temps que leur amour commun pour le Christ, grandit en chacun la charité [=amour de Dieu]. Pendant longtemps, mari et femme n’avaient pas eu à se demander lequel passe d’abord, de l’amour du conjoint ou de l’amour du Christ. Ce n’est pas du même ordre, pensaient-ils implicitement: si le Christ détient la primauté de souveraineté, le conjoint a primauté d’amour. Un peu comme il en est pour la patrie : le jour où elle convoque l’homme à la guerre, il part en dépit de son amour pour son épouse, non pas qu’il aime son pays plus que celle-ci, mais parce qu’i1 y a primauté de souveraineté du côté de la patrie.

            Mais voici que l’amour de chaque conjoint pour le Seigneur ne cesse de progresser. La courbe de croissance de la charité en chacun reproduit à son plan la courbe de l’évolution de l’amour humain que nous avons considérée plus haut. De même que l’amour en évoluant achemine l’être humain au don de soi à un seul: don total, exclusif, définitif, de même en est-il pour la charité [=l’amour de Dieu]. Et voilà que le Christ, un beau jour, fait comprendre à l’un ou à l’autre des conjoints qu’il attend de lui un don total, exclusif, définitif. Étonné, celui qui entend l’appel fait remarquer au Seigneur qu’il est trop tard : qu’il est lié à un autre, d’un mariage indissoluble. Mais le Christ de lui répondre :

            ‘C’est moi qui ai fait le mariage, tu ne saurais m’opposer les lois de l’amour. – Il fallait me prévenir et ne pas me laisser m’engager. – Prévenu, tu l’étais : l°Évangile est explicite et le baptême n’est-il pas un don total ? Mais il est vrai que tu ne pouvais alors comprendre ; il a fallu ta croissance spirituelle, précisément dans et par le mariage, pour qu’aujourd’hui je puisse te lancer l’appel avec chance d’être entendu. C’est une réalité prodigieuse que je te propose : une vie à deux avec le Fils de Dieu. Le vrai mariage est celui de l’âme avec son Dieu’. » (p.75-77)

            Caffarel : « Qui perd sa vie la sauve, qui perd son amour le sauve : les époux un moment ont pu croire qu’en répondant à l’appel du Christ ils compromettraient leur union ; à vrai dire leur réponse permet à celle-ci de se dépasser et d’accéder à une perfection nouvelle. Ce qu’autrefois ils croyaient, il leur arrive maintenant de l’expérimenter : ‘Où se rencontrent la charité [=amour de Dieu] et l’amour [du conjoint], là Dieu est présent’. » (p.82)

3) Jésus, l’Epoux de l’Eglise

            « Celui à qui l’épouse appartient, c’est l’époux ; quant à l’ami de l’époux, il se tient là, il entend la voix de l’époux, et il en est tout joyeux. Telle est ma joie : elle est parfaite. » (Jn 3, 29)

            « à cause de mon amour jaloux qui est l’amour même de Dieu pour vous. Car je vous ai unis au seul Époux : vous êtes la vierge pure que j’ai présentée au Christ. » (2 Co 11, 2)

            Voir aussi : Mt 22, 30 ; Mt 9, 15 ; Mt 25, 1 ; Ap 22, 17.20  

3e temps : Questions pour échanges le dimanche matin

         « Je n’utiliserai pas… je ne détruirai pas… je ne diminuerai pas… je mettrai en évidence… »

En couple :

1) En quoi j’utilise mon conjoint pour satisfaire mon égoïsme ?

2) En quoi je pourrais aider mon conjoint à exister davantage dans la famille ?

Réfléchir chacun de son côté… mais aussi en discuter à deux !

3) Quelle est la place que nous donnons à Dieu dans notre couple ?

4) Comment puis-je vivre davantage le 1er commandement ?

5) Comment est-ce que je vois le rapport entre mon amour pour Dieu et mon amour pour mon époux/épouse

En famille (avec les enfants) :

6) Quelle est la place pour les cadeaux, la famille, Jésus à Noël ?

7) Quel cadeau puis-je offrir à Jésus à Noël ?

8) Comment puis-je prier spécialement pendant cet Avent pour demander la venue de Jésus dans ma vie ?

– Mon prénom : __________________________________________

– Le cadeau que je veux offrir à Jésus à Noël : _______________________________________________________________________________________________________________________

– La prière que je décide de réciter chaque jour jusqu’à Noël :

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