La grâce de Thérèse de Lisieux à ND des Victoires

Quelle grâce sainte Thérèse de Lisieux a-t-elle reçue à Notre-Dame des Victoires? Une grande grâce de consolation, où elle a expérimenté que la Sainte Vierge était sa Maman… C’était le 4 novembre 1887. Découvrez cette grâce pour en profiter à votre tour !

1) Le contexte : l’amertume du doute après sa guérison miraculeuse

*A 10 ans, Thérèse tombe gravement malade

Son père fait dire une neuvaine de messes à ND des Victoires, et Thérèse est guérie le dimanche au cours de la neuvaine, le 13 mai 1883, en voyant Marie lui sourire :

Ms A, 30

         « Il fallait un miracle et ce fut Notre Dame des Victoires qui le fit. […]

         Ne trouvant aucun secours sur la terre, la pauvre petite Thérèse s’était aussi tournée vers sa Mère du Ciel, elle la priait de tout son cœur d’avoir enfin pitié d’elle… Tout à coup la Sainte Vierge me parut belle, si belle que jamais je n’avais vu rien de si beau, son visage respirait une bonté et une tendresse ineffable, mais ce qui me pénétra jusqu’au fond de l’âme ce fut le « ravissant sourire de la Ste Vierge. » Alors toutes mes peines s’évanouirent, deux grosses larmes jaillirent de mes paupières et coulèrent silencieusement sur mes joues, mais c’était des larmes d’une joie sans mélange…

         Ah! pensai-je, la Sainte Vierge m’a souri, que je suis heureuse… oui mais jamais je ne le dirai à personne, car alors mon bonheur disparaîtrait. Sans aucun effort je baissai les yeux, et je [vis] Marie qui me regardait avec amour, elle semblait émue et paraissait se douter de la faveur que la Ste Vierge m’avait accordée…

         Ah! c’était bien à elle, à ses prières touchantes que je devais la grâce du sourire de la Reine des Cieux. En voyant mon regard fixé sur la Sainte Vierge, elle s’était dit: « Thérèse est guérie! » Oui la petite fleur allait renaître à la vie, le Rayon lumineux qui l’avait réchauffée ne devait pas arrêter ses bienfaits, il n’agit pas tout d’un coup, mais doucement, suavement, il releva sa fleur et la fortifia  de telle sorte que cinq ans après elle s’épanouissait sur la montagne fertile du Carmel.

         Comme je l’ai dit, Marie avait deviné que la Sainte Vierge m’avait accordé quelque grâce cachée, aussi lorsque je fus seule avec elle, me demandant ce que j’avais vu, je ne pus résister à ses questions si tendres et si pressantes, étonnée de voir mon secret découvert sans que je l’aie révélé, je le confiai tout entier à ma chère Marie… Hélas! comme je l’avais senti, mon bonheur allait disparaître et se changer en amertume; pendant quatre ans le souvenir de la grâce ineffable que j’avais reçue fut pour moi une vraie peine d’âme, je ne devais retrouver mon bonheur qu’aux pieds de Notre Dame des Victoires, mais alors il me fut rendu dans toute sa plénitude… je reparlerai plus tard de cette seconde grâce de la Ste Vierge.

         Maintenant il me faut vous dire, ma Mère chérie, comment ma joie se changea en tristesse. Marie après avoir entendu le récit naïf et sincère de « ma grâce » me demanda la permission de la dire au Carmel, je ne pouvais dire non… A ma première visite à ce Carmel chéri, […] on me questionna sur la grâce que j’avais reçue,  me demandant si la Ste Vierge portait le petit Jésus, ou bien s’il y avait beaucoup de lumière, etc. Toutes ces questions me troublèrent et me firent de la peine, je ne pouvais dire qu’une chose: « La Sainte Vierge m’avait semblé très belle… et je l’avais vue me sourire. » C’était sa figure seule qui m’avait frappée, aussi voyant que les carmélites s’imaginaient tout autre chose (mes peines d’âme commençant déjà au sujet de ma maladie), je me figurai avoir menti… »

         Et elle ajoute :

         « longtemps après ma guérison j’ai cru que j’avais fait exprès d’être malade et ce fut là un vrai martyre pour mon âme… »

2) Ce qui s’est passé le 4 novembre 1887

*Entre-temps : grâce de Noël 1886 : changement radical, épanouissement humain et spirituel, et vocation au Carmel

*Va rencontrer le pape à Rome. Escales multiples depuis Lisieux, évidemment Paris

Elle raconte :  Ms A, 57

         « Pour moi je n’en trouvai qu’une seule qui me ravit, cette merveille fut: « Notre-Dame des Victoires ». Ah! ce que j’ai senti à ses pieds, je ne pourrais le dire… Les grâces qu’elle m’accorda m’émurent si profondément que mes larmes seules traduisirent mon bonheur, comme au jour de ma première communion… La Sainte Vierge m’a fait sentir que c’était vraiment elle qui m’avait souri et m’avait guérie. J’ai compris qu’elle veillait sur moi, que j’étais son enfant, aussi je ne pouvais plus lui donner que le nom de « Maman » car il me semblait encore plus tendre que celui de Mère… Avec quelle ferveur ne l’ai-je pas priée de me garder toujours et de réaliser bientôt mon rêve en me cachant à l’ombre de son manteau virginal!… Ah! c’était là un de mes premiers désirs d’enfant… En grandissant j’avais compris que c’était au Carmel qu’il me serait possible de trouver véritablement le manteau de la Sainte Vierge et c’était vers cette montagne fertile que tendaient tous mes désirs…

         Je suppliai encore Notre Dame des Victoires d’éloigner de moi tout ce qui aurait pu ternir ma pureté, je n’ignorais pas qu’en un voyage comme celui d’Italie, il se rencontrerait bien des choses capables de me troubler, surtout parce que ne connaissant pas le mal je craignais de le découvrir, […]… Je priai aussi St Joseph de veiller sur moi; depuis mon enfance j’avais pour lui une dévotion qui se confondait avec mon amour pour la Ste Vierge. Chaque jour je récitais la prière: « O St Joseph père et protecteur des vierges » aussi ce fut sans crainte que j’entrepris mon lointain voyage, j’étais si bien protégée qu’il me semblait impossible d’avoir peur. »

3) Quelques enseignements pour nous aujourd’hui

Sur l’épisode global, qui s’étend sur 4 ans ( ! )

  • ne pas étaler ses grâces sur la place publique…
  • dans les grâces de Dieu, le plus important est souvent donné rapidement au tout début
  • quand grâce est reçue, il y a souvent combat spirituel
  • rechercher la vérité

Recueillons ce que Thérèse a vécu le 4/11/87 :

  • bonheur
  • certitude que Marie veille sur elle
  • expérimente que Marie est une « Maman » (encore mieux que Mère, et plus encore que Reine)

            Et elle prie

  • d’être gardée toujours par Marie
  • pour sa vocation au Carmel, afin d’être « sous le manteau virginal » de Marie
  • pour sa pureté, qu’elle confie aussi à St Joseph

Pour nous :

  • 1) savoir rendre grâces
  • 2) Marie comme Maman
  • 3) lui demander son aide, et à st Joseph, pour notre pureté
  • 4) croire que nous avons une vocation propre, unique : Marie nous aidera à la réaliser

Prions :

PN 54

Oh! je voudrais chanter, MARIE, POURQUOI JE T’AIME
 Pourquoi ton nom si doux fait tressaillir mon coeur
 Et pourquoi la pensée de ta grandeur suprême
 Ne saurait à mon âme inspirer de frayeur.
 Si je te contemplais dans ta sublime gloire
 Et surpassant l’éclat de tous les bienheureux
 Que je suis ton enfant je ne pourrais le croire
 O Marie devant toi, je baisserais les yeux!…

 Il faut pour qu’un enfant puisse chérir sa mère
 Qu’elle pleure avec lui, partage ses douleurs
 O ma Mère chérie, sur la rive étrangère
 Pour m’attirer à toi, que tu versas de pleurs!….
 En méditant TA VIE DANS LE SAINT EVANGILE
 J’ose te regarder et m’approcher de toi
 Me croire ton enfant ne m’est pas difficile
 Car je te vois mortelle et souffrant comme moi:

Tu nous aimes, Marie, comme Jésus nous aime
 Et tu consens pour nous à t’éloigner de Lui.
 AIMER C’EST TOUT DONNER ET SE DONNER SOI-MEME
 Tu voulus le prouver en restant notre appui.
 Le Sauveur connaissait ton immense tendresse
 Il savait les secrets de ton coeur maternel,
 REFUGE DES PECHEURS, C’EST A TOI QU’IL NOUS LAISSE
 QUAND IL QUITTE LA CROIX POUR NOUS ATTENDRE AU CIEL.

Bientôt je l’entendrai cette douce harmonie
 Bientôt dans le beau Ciel, je vais aller te voir
 Toi qui vins ME SOURIRE au matin de ma vie
 Viens me sourire encor… Mère…. voici le soir!…
 Je ne crains plus l’éclat de ta gloire suprême
 Avec toi j’ai souffert et je veux maintenant
 Chanter sur tes genoux, Marie, pourquoi je t’aime
 Et redire à jamais que je suis ton enfant!……