La communauté de l’Emmanuel fête en 2022 les 50 ans de l’effusion de l’Esprit Saint de Pierre Goursat son fondateur : l’occasion de recueillir quelques enseignements sur la prière à partir de son expérience personnelle. En particulier, nous découvrirons la pauvreté spirituelle qui était la sienne lors de cet événement fondateur, et comment elle peut nous aider à avoir une juste attitude dans la prière pour écouter Dieu.
Feuille de route : https://apprendreaprier.net/ressources/goursat-priere.pdf
I) A l’école de Pierre Goursat, une clef de la prière : la pauvreté
1) L’exemple de Pierre Goursat
Les références sont extraites du livre : Pierre Goursat. Paroles, éditions de l’Emmanuel, 2016.
*Il y a 50 ans, 9-13 février 1972, Pierre Goursat reçoit l’effusion de l’Esprit Saint, seul, puis avec d’autres, auprès du Père Henri Caffarel (p.32-33) : il a 58 ans :« A ce moment-là, j’ai été pris… d’une misère, d’une vue sur ma misère, épouvantable : une lumière que j’ai reçue sur ma misère. Alors j’ai dit : « Je ne peux pas la recevoir [l’effusion], il faut absolument que je me confesse » » (p. 32)
*La réponse du Seigneur :
« Un pauvre crie ; le Seigneur entend : il le sauve de toutes ses angoisses. » (Ps 34, 7)
Effusion personnelle : « Le lendemain je me suis réveillé dans une joie ! « Mais qu’est-ce que j’ai à me réveiller comme ça ? » » (p. 33) Puis communautaire le 13 février 1972.
à charismes ; adoration ; compassion ; mission : « Si je veux parler avec les gens, il faut que je sois avec Lui [Jésus] » (p. 36) ; communauté
2) Pour nous
*« Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. » (Jn 15, 5)
*2 conséquences :
– Consentir à être pauvre, imparfait, pécheur, limité, faible : « Pour aimer Jésus, être sa victime d’amour, plus on est faible, sans désirs, ni vertus, plus on est propre aux opérations de cet Amour consumant et transformant… Le seul désir d’être victime suffit, mais il faut consentir à rester pauvre et sans force et voilà le difficile. […] Restons donc bien loin de tout ce qui brille, aimons notre petitesse, aimons à ne rien sentir, alors nous serons pauvres d’esprit et Jésus viendra nous chercher, si loin que nous soyons il nous transformera en flammes d’amour… […] C’est la confiance et rien que la confiance qui doit nous conduire à l’Amour… » (LT 197)
– Apprendre à écouter Dieu : « En effet, tous ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu. » (Rm 8, 14)
– … le tout sans tomber dans la paresse !
II) « Il faut consentir à rester pauvre et sans force et voilà le difficile » (LT 197)
1) Nous ne sommes pas boudhistes
« La prière n’est, à mon avis, qu’un échange intime d’amitié où l’on s’entretient souvent seul à seul avec ce Dieu dont on se sait aimé » (Vie, chap. 8).
2) Prier avec la Bible
« Pour beaucoup avancer sur ce chemin, il ne s’agit pas de beaucoup réfléchir, mais de beaucoup aimer » (Chemin de la Perfection, ch. 33)
* Soigner la mise en présence de Dieu au début (silence, cadre favorable au recueillement, mettre de côté ses préoccupations, etc.)
*Prier l’Esprit Saint :« C’est pourquoi je vous le rappelle : […] personne n’est capable de dire : “Jésus est Seigneur” sinon dans l’Esprit Saint. » (1 Co 12, 3)
* S‘imaginer la scène d’Evangile : le paysage, les personnages, les paroles, les actions. S’imaginer soi-même dans la scène comme une souris… ou comme un disciple, voire comme Jésus! Parler, interagir…
* Lire et relire lentement le texte, et se laisser toucher par l’une ou l’autre phrase, et alors s’y arrêter autant de temps qu’elle me nourrit. Laisser jaillir ce qui monte du cœur.
* Ne pas avoir peur de rester en silence à simplement regarder Jésus, à l’écouter, à l’aimer.
* On peut aussi repérer un point par paragraphe, et se laisser interpeller de façon plus « méthodique« . On peut aussi se demander: qu’est-ce que ce texte m’apprend de Jésus? de l’Eglise? des sacrements? de la prière? de ce que je suis invité à faire? quel encouragement dans mon épreuve? que dois-je convertir en moi? quelle raison de louer le Seigneur? quelle espérance pour l’avenir et l’éternité? etc. etc.
* Faire des actes de foi : Jésus, tu es là, même si je ne te sens pas ! Je crois que tu transformes mon coeur, même si j’ai l’impression de perdre mon temps…
* S’il y a des distractions, tout simplement revenir à mon regard sur Jésus.
* Se sentir libre… c’est un échange d’amitié!
* Toujours rester le temps que je me suis fixé à l’avance : c’est la preuve de ma bonne volonté pour aimer Jésus.
* Et bien sûr, la meilleure méthode, c’est celle que l’Esprit Saint vous inspirera.
3) Discerner entre sécheresse et tiédeur
Distinguer sentiments et action de Dieu
« Il faut comprendre que, si l’âme ressent une grande grâce, ou un sentiment, ou une connaissance spirituelle, elle ne doit pas pour autant se persuader que ce qu’elle sent c’est posséder ou voir Dieu clairement. […] Et si toutes ces faveurs sensibles et spirituelles lui manquaient, la laissant en sécheresse, ténèbres et désarroi, l’âme ne doit pas penser pour autant que Dieu lui manque » (Jean de la Croix, Cantique Spirituel B I, 4).
Les purifications de l’intelligence et de la volonté
« Plus la lumière est claire, plus elle aveugle et obscurcit les yeux du hibou ; et plus on regarde le soleil, plus il cause de ténèbres et éblouit la vue, l’excédant à cause de sa faiblesse. [De même], quand cette lumière divine de contemplation rayonne dans l’âme qui n’est pas encore totalement purifiée, elle lui fait des ténèbres spirituelles : non seulement elle l’excède, mais encore elle l’obscurcit et la prive de l’acte de son intelligence naturelle. » (Jean de la Croix, Nuit Obscure I,5,3)
Les trois signes pour discerner entre sécheresse, déprime et tiédeur
1) On ne sent plus rien dans la prière.
2) On n’a pas non plus de goût pour autre chose
3) On porte en soi le profond désir d’aimer Dieu et de le servir
III) Ecouter Dieu
Exercice pratique : David Théry, pasteur pentecôtiste : 21 jours à l’écoute de Dieu (7 premiers jours gratuits sur YouTube)
Décret d’érection canonique de la Communauté de l’Emmanuel
« Ses membres, laïcs et clercs, reçoivent ensemble un même appel à la sainteté et à l’annonce de l’Évangile, selon le charisme de la Communauté qui s’enracine dans l’adoration eucharistique et s’exprime en compassion pour les plus pauvres et en mission auprès de tous ceux qui ne connaissent pas l’Évangile du Christ. L’abandon à l’Esprit Saint [le préambule §b des Statuts parle d’« effusion »], l’écoute de la Parole de Dieu, la dévotion à Marie Mère de Dieu enracinent la vie spirituelle, fraternelle et apostolique de la Communauté de l’Emmanuel dans la vie et la mission de l’Église. »