Le Sacrement des Malades

Longtemps appelé « l’extrême onction », ce sacrement est redécouvert depuis Vatican II comme le « sacrement des malades », ou « l’onction des malades » : un sacrement destiné, non aux mourants, mais aux malades. En effet, ce sacrement a pour effet le pardon des péchés, une force et une paix dans la maladie, mais aussi, on l’espère, la guérison! L’Apôtre Jacques l’exprimait bien : « L’un de vous est-il malade ? Qu’il fasse appeler les anciens de l’Eglise et qu’ils prient après avoir fait sur lui une onction d’huile au nom du Seigneur. La prière de la foi guérira le patient » (Jn 5, 14-15)

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Feuille de route : https://apprendreaprier.net/ressources/onction-malades.pdf

I) Parcours historique

Jésus et les apôtres

            Concile de Trente : « Cette onction sainte des malades a été instituée par le Christ notre Seigneur comme étant véritablement et proprement un sacrement de la Nouvelle Alliance; ce sacrement été insinué dans Marc [Mc 6, 13], recommandé et promulgué par Jacques, apôtre et frère du Seigneur [Jc 5, 13‑15] » (Dz 1695).

            « Ils chassaient beaucoup de démons, ils faisaient des onctions d’huile à beaucoup de malades et ils les guérissaient. » (Mc 6, 13)

            « 13 L’un de vous souffre-t-il ? Qu’il prie. Est-il joyeux ? Qu’il chante des cantiques. 14 L’un de vous est-il malade ? Qu’il fasse appeler les anciens de l’Eglise et qu’ils prient après avoir fait sur lui une onction d’huile au nom du Seigneur. 15 La prière de la foi sauvera [ou : guérira (sozô)] le patient ; le Seigneur le relèvera [ou : ressuscitera (egeirô)] et, s’il a des péchés à son actif, il lui sera pardonné. » (Jc 5, 13‑15)

4 étapes historiques

Des premiers siècles à l’époque carolingienne (VIIIe s.)

Sermon de saint Césaire d’Arles (503-543)

            « Toutes les fois qu’une maladie quelconque sera survenue, que le malade reçoive le corps et le sang du Christ, qu’humblement et fidèlement il réclame l’huile bénite par les prêtres, qu’ensuite il oigne son corps pour que ce qui est écrit s’accomplissent en lui [Jc 5, 14-15]. Vous constatez, frères, que celui, qui, dans une maladie, court à l’Eglise, méritera de recevoir la santé du corps et d’obtenir la rémission de ses péchés ».

La période médiane (IX-XII s.)

Concile de Pavie, en 850 :

            « C’est en effet un mystère grand et très désirable, par lequel, s’il est demandé dans la foi, le péché est remis et par suite aussi la santé corporelle rétablie… Mais il faut savoir que si celui qui est malade est livré à la pénitence publique, il ne peut pas recevoir le remède de ce mystère, à moins qu’ayant d’abord obtenu la réconciliation, »

Du XII s. à Vatican II

            Approfondissement théologique.

Vatican II

Sacrosanctum Concilium n°73:

            « ‘L’extrême onction’, qu’on peut appeler aussi et mieux ‘onction des malades’, n’est pas seulement le sacrement de ceux qui se trouvent au terme de la vie. Aussi le temps opportun pour le recevoir est-il déjà certainement arrivé quand le fidèle commence à être en danger de mort, par suite de la maladie ou de la vieillesse » (SC n°73).

Lumen Gentium n°11 :

            « Par la sainte onction des malades et la prière des prêtres, c’est l’Église tout entière qui recommande les malades au Seigneur souffrant et glorifié, pour qu’il les soulage (alleviet) et les sauve (salvet) (cf. Jc 5, 14-16) ; bien mieux, elle les exhorte de s’associer librement à la passion et à la mort du Christ (cf. Rm 8, 17 ; Col 1, 24 ; 2 Tm 2, 11-12 ; 1 P 4, 13) afin d’apporter leur part pour le bien du Peuple de Dieu ». [cf. PO 5]

Sacrosanctum Concilium n°74 :

            « En dehors des rites séparés de l’onction des malades et du viatique, on composera un rituel continu selon lequel on conférera l’onction au malade après la confession, et avant la réception du viatique » :

II) Brève théologie du sacrement

Quelle est la « matière », la « forme » et le ministre ?

-Matière : onction d’huile (peut être bénie par le prêtre lui-même) sur le front et sur les mains

-Forme : « N., par cette onction sainte, que le Seigneur, en sa grande bonté, vous réconforte par la grâce de l’Esprit Saint. Amen.
Ainsi vous ayant libéré de vos péchés, qu’il vous sauve et vous relève. Amen. »

-Ministre : seul le prêtre

Quels sont les effets de l’onction des malades ?

– le pardon des péchés et de leurs conséquences (mais il faut se confesser avant si on en a la capacité physique)

– le don d’une force pour l’âme afin de supporter la maladie

– la possible guérison du corps

Qui peut la recevoir ? Peut-on la recevoir plusieurs fois ?

« L’onction des malades peut être administrée au fidèle qui, parvenu à l’usage de la raison, commence à se trouver en danger pour cause de maladie ou de vieillesse ». (CIC 1004)

Est-ce important de la recevoir ?

CEC 1516 : « C’est le devoir des pasteurs d’instruire les fidèles des bienfaits de ce sacrement. Que les fidèles encouragent les malades à faire appel au prêtre pour recevoir ce sacrement. »

III) Déroulé concret

*Rites d’entrée :
– salutation,
– rite de l’eau bénite (facultatif),
– monition ou oraison
– rite pénitentiel. La célébration du sacrement de la réconciliation peut intervenir ici si cela n’a pu être fait auparavant, mais il est préférable de le faire avant.

*Liturgie de la Parole

*Imposition des mains

*Onction du malade

*Prière universelle

*Oraison

*Conclusion :
-Notre Père
(-communion)
-bénédiction.