Ce que nous révèle le Vendredi Saint

Que célébrons-nous le Vendredi Saint? Rien de moins que notre salut par la mort de Jésus Christ sur la Croix… Mais comment Jésus nous sauve-t-il? Comment l’affreuse mort d’un homme il y a 2000 ans peut-elle avoir un impact sur moi? Sur ma destinée éternelle? Pourquoi Jésus a-t-il dû souffrir? Ne pouvait-il pas nous sauver autrement? Quel est le lien entre son amour et sa souffrance?

Voici un enseignement pour entrer dans ce mystère d’amour et de salut: Jésus, mort à cause de mes péchés, en sacrifice expiatoire qui s’actualise à chaque messe, en accomplissant les prophéties des Ecritures, à cause de son amour infini et incommensurable pour moi… Et il ressuscitera pour me donner sa vie!

Ce que nous révèle le Vendredi Saint

Voici la feuille résumé à télécharger ici.

1) Par nos péchés, nous crucifions Jésus

            « si l’on retombe, il est impossible d’être amené à une nouvelle conversion, alors que soi-même, on crucifie de nouveau le Fils de Dieu et on le tourne en dérision. » (He 6, 6)

            « Or, la preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous, alors que nous étions encore pécheurs. » (Rm 5, 8)

2) Le salut, c’est le rétablissement de la communion avec Dieu

Le péché originel

            « Nous savons que par un seul homme, le péché est entré dans le monde, et que par le péché est venue la mort ; et ainsi, la mort est passée en tous les hommes, étant donné que tous ont péché. » (Rm 5, 12)

            « Tous les hommes ont péché, ils sont privés de la gloire de Dieu, » (Rm 3, 23)

La double dimension du salut : le pardon et la divinisation

CEC 654 :« Il y a un double aspect dans le mystère Pascal : par sa mort il nous libère du péché, par sa Résurrection il nous ouvre l’accès à une nouvelle vie.

            Celle-ci est d’abord la justification qui nous remet dans la grâce de Dieu (cf. Rm 4, 25)  » afin que, comme le Christ est ressuscité des morts, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle  » (Rm 6, 4). Elle consiste en la victoire sur la mort du péché et dans la nouvelle participation à la grâce (cf. Ep 2, 4-5 ; 1 P 1, 3).

            Elle accomplit l’adoption filiale car les hommes deviennent frères du Christ, comme Jésus lui-même appelle ses disciples après sa Résurrection :  » Allez annoncer à mes frères  » (Mt 28, 10 ; Jn 20, 17). Frères non par nature, mais par don de la grâce, parce que cette filiation adoptive procure une participation réelle à la vie du Fils unique, qui s’est pleinement révélée dans sa Résurrection.

3) Par amour, Dieu prend librement l’initiative de nous sauver

L’homme ne pouvait pas se sauver lui-même

            Le péché l’en a rendu incapable : sa volonté était dévoyée, il ne pouvait plus poser d’acte parfait.

            CEC 616 : « Aucun homme, fût-il le plus saint, n’était en mesure de prendre sur lui les péchés de tous les hommes et de s’offrir en sacrifice pour tous. »

            « 11 Tout prêtre [de l’ancienne alliance], chaque jour, se tenait debout dans le Lieu saint pour le service liturgique, et il offrait à maintes reprises les mêmes sacrifices, qui ne peuvent jamais enlever les péchés. 12 Jésus Christ, au contraire, après avoir offert pour les péchés un unique sacrifice, s’est assis pour toujours à la droite de Dieu. » (He 10, 11‑12)

Le salut est une initiative libre de Dieu, par amour.

            « Mais Dieu est riche en miséricorde ; à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions des morts par suite de nos fautes, il nous a donné la vie avec le Christ : c’est bien par grâce que vous êtes sauvés. » (Ep 2, 4‑5)

4)Comment Jésus nous sauve-t-il ?

            Par sa souffrance et son amour. C’est un mystère !

            Vision de Saint Anselme : Jésus paye le prix du péché à notre place : substitution.

-Seul un homme devait expier la faute infinie de la séparation d’avec Dieu ;

-Seul Dieu en avait la capacité ;

-Jésus, vrai homme et vrai Dieu, a eu la capacité d’expier, et l’a fait comme homme à notre place, en se substituant à nous) ; il l’a fait par les souffrances de sa Passion.

            « C’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu’il était châtié, frappé par Dieu, humilié. Or, c’est à cause de nos fautes qu’il a été transpercé, c’est par nos péchés qu’il a été broyé. Le châtiment qui nous obtient la paix est tombé sur lui, et c’est par ses blessures que nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait son propre chemin. Mais le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à nous tous. » (Is 53, 4‑6)

            CEC 614 : « Ce sacrifice du Christ est unique, il achève et dépasse tous les sacrifices (cf. He 10, 10). Il est d’abord un don de Dieu le Père lui-même : c’est le Père qui livre son Fils pour nous réconcilier avec lui (cf. 1 Jn 4, 10). Il est en même temps offrande du Fils de Dieu fait homme qui, librement et par amour (cf. Jn 15, 13), offre sa vie (cf. Jn 10, 17-18) à son Père par l’Esprit Saint (cf. He 9, 14), pour réparer notre désobéissance. »

            Vision de Saint Augustin / Saint Maxime le Confesseur : Jésus, par son obéissance parfaite, restaure notre capacité d’aller à Dieu

-Ni l’attrait du plaisir, ni la peur de la souffrance ne font faiblir la volonté du Christ, qui est resté fidèle jusqu’au bout à la volonté du Père.

-Avec et dans cette volonté restaurée par le Christ, nous pouvons de nouveau vouloir et aimer en communion avec le Père.

-Jésus, vrai homme et vrai Dieu, dans le mystère-même de l’union hypostatique, rétablit la communion entre l’homme et Dieu.

5) Notre participation à la Rédemption

Accueillir le salut

            « Dieu qui nous a créés sans nous, ne nous sauve pas sans nous » (Saint-Augustin).

            Nous accueillons ce salut offert gratuitement par le Christ sans mérite de notre part, par notre adhésion de foi, qui se traduit ensuite par des œuvres conformes à cette foi.

            Cette adhésion de foi doit se concrétiser par la réception du sacrement du baptême et une vie conforme aux grâces reçues dans ce sacrement.

Devenir « corédempteurs »

            « Maintenant je trouve la joie dans les souffrances que je supporte pour vous ; ce qui reste à souffrir des épreuves du Christ dans ma propre chair, je l’accomplis pour son corps qui est l’Église. » (Col 1, 24)

            Jésus veut nous associer à la distribution des grâces de la Rédemption. C’est un acte d’amour de sa part. Nous nous associons au mystère de la Rédemption, en vivant et en offrant toutes choses (joies et peines, et en particulier nos souffrances) au Père, en communion avec la Croix du Christ, sous la motion de l’Esprit Saint, pour le salut des âmes.

6) La Passion, source de notre guérison

            « Lui-même a porté nos péchés, dans son corps, sur le bois, afin que, morts à nos péchés, nous vivions pour la justice. Par ses blessures, nous sommes guéris. » (1 P 2, 24 cf. Is 53, 5 ; Ex 15, 26)