
Thérèse d’Avila, fondatrice du Carmel réformé et docteur de l’Eglise, est considérée comme la « mère des spirituels ». En effet, son enseignement sur la vie de prière est des plus remarquables! Elle a aussi présenté de façon magistrale les différentes étapes de la vie spirituelle. Voici une vidéo pour la découvrir!
Thérèse d’Avila, maîtresse de vie spirituelle
1) La vie et l’œuvre de sainte Thérèse de Jésus
Parcours de sa vie (1515-1582)
Ses ouvrages
La Vie
Le Chemin de la Perfection
Les Fondations
Les Demeures (le Château intérieur)
2) La définition de l’oraison par sainte Thérèse
L’oraison « n’est qu’un échange intime d’amitié où l’on s’entretient souvent seul à seul avec ce Dieu dont on se sait aimé. »
Vie, chap.8
3) La croissance spirituelle en « sept Demeures »
– Les Sept Demeures : Le Château intérieur
– Un autre exemple de progrès spirituel : Vie, chap 11 et suivants
« 6. […] Le débutant doit concevoir que le terrain où il entreprend de cultiver un verger où se délectera le Seigneur est très ingrat, plein de très mauvaises herbes. Sa majesté arrache les mauvaises herbes, et doit planter les bonnes. Sachons que cela est déjà fait quand une âme décide de faire oraison et qu’elle a commencé. Avec l’aide de Dieu, nous devons tâcher, en bons jardiniers, de faire pousser ces plantes, prendre soin de les arroser pour qu’elles ne meurent point, mais donnent un jour des fleurs dont le parfum réjouira Notre-Seigneur; il viendra donc souvent se délecter dans ce jardin et se réjouir au milieu de ces vertus.
7. […] Il me semble qu’il y a quatre manières d’arroser :
– on tire plus d’eau à moindre peine en tournant la manivelle d’une noria munie de godets, comme je l’ai fait quelquefois ;
– on amène l’eau d’une rivière ou d’un ruisseau, ce qui arrose beaucoup mieux car la terre se gorge mieux d’eau, on n’a pas besoin d’arroser si souvent et le jardinier a beaucoup moins de travail ;
4) Regarder Jésus !
Chemin de la Perfection, chapitre 42
« 1. […] pour prier comme il faut, vous devez, vous le savez, commencer par examiner votre conscience, réciter le Confiteor et faire le signe de la croix. Ensuite, et puisque vous êtes seules, essayez, mes filles, de trouver une compagnie. Mais quelle meilleure compagnie que celle du Maître lui-même qui vous a enseigné la prière que vous allez réciter ? Imaginez que le Seigneur est tout près de vous, et regardez avec quel amour et avec quelle humilité il vous instruit. Croyez-moi, faites tout votre possible pour ne jamais vous séparer d’un si bon ami. Si vous vous habituez à le garder près de vous, et s’il voit que vous le faites avec amour et que vous vous efforcez de le contenter, vous ne pourrez plus, comme on dit, vous en débarrasser ; il ne vous manquera jamais, il vous aidera dans toutes vos difficultés, il sera partout avec vous. Pensez-vous que ce soit peu de chose que d’avoir un tel ami à vos côtés ?
2. O âmes qui ne pouvez discourir beaucoup avec 1’entendement ni fixer votre pensée sur Dieu sans être aussitôt distraites, prenez, prenez cette habitude ! […]
3. Je ne vous demande pas de penser à lui, ni de forger quantité de concepts ou de tirer de votre esprit de hautes et subtiles considérations ; je ne vous demande que de fixer sur lui votre regard. […] Mes filles, votre Époux ne vous quitte jamais des yeux ; il a supporté de votre part mille choses laides et abominables, et ces offenses contre lui n’ont pas suffi pour qu’il détournât de vous ses regards. Est-ce donc beaucoup que vous détourniez les yeux de l’âme des choses extérieures pour les porter quelquefois sur lui ? Songez, comme il le dit à l’Épouse, qu’il n’attend de vous qu’un regard ; vous le trouverez tel que vous le désirerez. Il estime tant ce regard que, de son côté, il ne négligera rien pour l’avoir.
4. [… Le Seigneur] se fait votre sujet, et il veut que vous soyez les souveraines ; il se soumet à votre volonté. Si vous êtes joyeuse, contemplez-le ressuscité : rien qu’à l’imaginer sortir du sépulcre, vous serez remplies d’allégresse. Quelle clarté, quelle beauté, quelle majesté ! quel air de victoire et de jubilation ! Il est sorti glorieux du champ de bataille où il a gagné un immense royaume qu’il veut tout entier vous offrir, en même temps qu’il se donne lui-même à vous. Est-ce donc beaucoup que vous éleviez parfois les yeux vers celui qui vous fait un tel don ?
5. Si vous êtes dans l’épreuve ou la tristesse, regardez-le attaché à la colonne, accablé de douleurs, toutes ses chairs mises en lambeaux tant est grand l’amour qu’il a pour vous, persécuté par les uns, couvert de crachats par les autres, renié par d’autres encore, sans amis, sans personne qui prenne sa défense, transi de froid, si totalement abandonné que vous pouvez vous consoler l’un l’autre. Regardez-le encore, au jardin des Oliviers, ou sur la croix, ou bien quand il fléchissait sous son poids et ne pouvait pas même reprendre haleine ; il tournera vers vous ses yeux si beaux, si compatissants, tout remplis de larmes, et il oubliera ses souffrances pour vous consoler des vôtres, uniquement parce que vous allez chercher consolation près de lui et que vous tournez la tête pour le regarder.
6. O Seigneur du monde et mon véritable Époux ! (Pouvez-vous lui dire si votre cœur s’attendrit en le voyant dans un tel état, et que non seulement vous voulez le regarder mais vous vous réjouissez de parler avec lui, non certes, pour lui adresser des prières toutes faites, mais pour lui dire la peine de votre cœur, ce qu’il apprécie au plus haut point.) Êtes-vous, mon Seigneur et mon Bien, réduit à une telle extrémité que vous trouviez bon d’accepter ma pauvre compagnie ? et je vois, à l’expression de votre visage, que vous avez oublié vos peines en me voyant près de vous. Mais comment, Seigneur, est-il possible que les Anges vous laissent seul, et que votre Père ne vous console pas ? S’il en est ainsi, Seigneur, et si vous voulez souffrir tout cela pour moi, puis-je appeler souffrance ce que je supporte ? de quoi ai-je à me plaindre ? je me sens toute honteuse de vous avoir vu dans cet état, et je suis préparée, mon Bien, à endurer toutes les épreuves qui pourront m’arriver, et à les considérer comme une grande richesse puisqu’elles me permettent de vous ressembler en quelque chose. Marchons ensemble, Seigneur, je veux aller par où vous êtes allé ; je veux passer par où vous êtes passé. »