Comment lire la Bible?

Comment lire la Bible ? Des clefs pour comprendre la Bible

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La Révélation

            L’objet de la Révélation est Dieu lui-même.

            Jésus est le médiateur et la plénitude de cette révélation.
– Il en est le médiateur, car « celui qui [l]’a vu le Père » (Jn 14, 9) et que « personne ne va vers le Père sans passer par [lui] » (Jn 14, 6).
– Jésus est la plénitude de cette révélation, car il est Dieu lui-même.

            « Dès lors qu’Il nous a donné son Fils, qui est sa Parole, Dieu n’a pas d’autre parole à nous donner. Il nous a tout dit à la fois et d’un seul coup en cette seule Parole et il n’a rien de plus à dire ; car ce qu’Il disait par parties aux prophètes, Il l’a dit tout entier dans son Fils, en nous donnant ce tout qu’est son Fils. Voilà pourquoi celui qui voudrait maintenant l’interroger, ou désirerait une vision ou une révélation, non seulement ferait une folie, mais ferait injure à Dieu, en ne jetant pas les yeux uniquement sur le Christ, sans chercher autre chose ou quelque nouveauté. »

(Saint Jean de la Croix, Montée du Carmel 2, 22, 3-5). (Cf. He 1, 1-3)

            Il ne manque donc rien à ce que nous a dit le Christ. Cependant, il reste toujours à expliciter ce dépôt de la foi. Cet approfondissement se fait :
–            « soit par la contemplation et l’étude des croyants qui les méditent en leur coeur (cf. Lc 2,19 2,51),
–            soit par l’intelligence intérieure qu’ils éprouvent des choses spirituelles,
–            soit par la prédication de ceux qui, avec la succession épiscopale, reçurent un charisme certain de vérité. » (Dei Verbum 8)

            Cette explicitation se fait sous l’autorité du magistère.

L’Ecriture et la Tradition

            Le Christ est la Parole de Dieu, car il est le Verbe. Il est l’unique source de la Révélation qui s’exprime sous deux modalités : (cf. Dei Verbum 9)

l’Ecriture : elle est « Parole de Dieu consignée par écrit » ;

la Tradition : elle « porte la Parole de Dieu » et « la transmet ».

« L’une et l’autre doivent être reçues et vénérées avec égal sentiment d’amour et de respect ».

Trouver le sens des Saintes Ecritures : l’herméneutique

            Toute l’Ecriture a un double auteur : (cf. Dei Verbum 11 et 12)
Dieu, puisque l’Esprit Saint est celui qui a inspiré ceux qu’il a choisi pour écrire ;
l’auteur humain (hagiographe), qui a agi en vrai auteur conscient et qui s’est exprimé avec son intention personnelle dans le style de l’époque, tout en étant inspiré par l’Esprit Saint.

            C’est pour cela qu’il est important de connaître les « genres littéraires » employés.

            Mais pour découvrir l’intention de l’Esprit Saint, trois critères sont indispensables :
– l’unité de toute l’Ecriture : le sens doit rendre compte de l’ensemble des passages ;
– la fidélité à la Tradition : pas d’hérésie ! ;
– l’analogie de la foi : les mystères divins sont reliés entre eux et s’éclairent mutuellement.

            On distingue sens littéral (exégèse historico-critique) et sens spirituels qui concernent :
– le Christ et l’Eglise (sens allégorique) ;
– l’agir humain (sens moral ou tropologique) ;
– l’eschatologie et/ou la vie spirituelle (sens anagogique).

            Par exemple, le sacrifice de Melchisédek (Gn 14, 16‑20) :
– sens littéral : il offre du pain et du vin ;
– sens allégorique : il annonce l’Eucharistie instituée par Jésus et vécue par l’Eglise ;
– sens moral : il nous invite à partager ce que nous avons et à offrir à Dieu ce que nous sommes ;
– sens anagogique : c’est une annonce du « repas des noces de l’Agneau » au Ciel.

La place de l’Ancien Testament

            Si Jésus et le Nouveau Testament donnent le sens de l’Ancien, ils ne le suppriment pas. Ce serait l’hérésie de Marcion. Jésus est clair : « “Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir » (Mt 5, 17). Nous avons besoin de l’Ancien Testament pour comprendre le Christ.

            Certes, les prescriptions juridiques et alimentaires n’ont plus court : « Il a supprimé les prescriptions juridiques de la loi de Moïse. Ainsi, à partir des deux, le Juif et le païen, il a voulu créer en lui un seul Homme nouveau en faisant la paix » (Ep 2, 15).

            Mais les Commandements, et en particulier le Décalogue, restent la norme fondamentale de l’agir chrétien.

Pour aller plus loin

Benoit XVI, Exhortation post-synodale Verbum Domini, 2010.

Lubac, H. (de), L’Ecriture dans la Tradition, Aubier, 1966.